0   Commentaires
Publié le

Beaubourg, les génies du lieu 5 : la façade en verre

Vue de la façade Ouest
Façade Ouest, jour ensoleillé. Photographe : G. Meguerditchian (2010) | [ CP_5 ] © Centre Pompidou – MNAM-CCI - Bibliothèque Kandinsky - G. Meguerditchian
Le 31 janvier 1977, un ovni architectural est inauguré sur le plateau Beaubourg. “Ça va faire crier !”, prédit Georges Pompidou, à l'initiative du nouvel édifice provocateur. Quarante ans après, c’est le temps de la reconnaissance des génies du lieu qui n’ont rien perdu de leur profonde originalité et de leur modernité.
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Une “machine à communiquer”


La façade en verre du Centre Pompidou est conçue comme une surface de contact : elle reflète l’extérieur et offre en même temps une surface complémentaire d’animation. Il était prévu à l’origine que la façade s’anime de diffusion vidéo :
“Les informations de grande importance sociale seront communiquées sur la place, y compris les noms des centres donnant des précisions sur les catastrophes mondiales récentes, et collectant les dons”. (Renzo Piano et Richard Rogers)
Ce dispositif inédit était trop précurseur à l’époque pour pouvoir être réalisé :
“Nous avons été très déçus lorsque nous avons dû les supprimer. [...] Cela dit, l’exigence de communication ne saurait se satisfaire d’une façade en forme de poste de télévision [...] Elle réclame plutôt de nouveaux lieux de culture et d’échanges, qui pourraient se relier au Centre dans une perspective de décentralisation. Le thème de la dispersion me paraît plus intéressant aujourd’hui que celui de la centralisation”. (Richard Rogers, 1987)
Renzo Piano parle quant à lui de “centrale de la décentralisation” : propos prophétiques de ses concepteurs en 1987 : la décentralisation du Centre Pompidou à Metz, Malaga, bientôt Bruxellles est en 2017 déjà bien réalisée. Il n’en reste pas moins que la façade en verre agit en interaction : support de visuels géants sur les grandes expositions à l’intérieur et transparence vers l’animation extérieure. L’utopie consiste à promouvoir une continuité entre le musée et la rue, entre l’art et le non-art. L’entrée n’est pas mise en valeur, effaçant les frontières entre intérieur et extérieur. Renzo Piano exprime néanmoins un regret dix ans après son ouverture, l’absence de préoccupation énergétique du bâtiment :
“Les façades entièrement vitrée appartiennent encore à l’époque du pétrole bon marché. En 1970, nous aurions dû deviner que le gaspillage allait bientôt s’arrêter et en tirer les conclusions qui s’imposaient”.
Auteur :
Captcha: