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Redécouvrir le Centre de création industrielle

De 1977 à 1992, le Centre de création industrielle (CCI) était un des départements distincts du Centre Pompidou avec une entrée propre, accessible au public. Depuis sa fusion avec le Musée national d’art moderne (MNAM) en 1992 et malgré la présence de son sigle dans celui de MNAM/CCI, le Centre de création industrielle a un peu perdu sa "visibilité".
Les 40 ans du Centre Pompidou offrent l’opportunité de mettre en lumière le travail du CCI, figure incontournable du design.

Un bref historique du Centre de création industrielle

A l’origine, le Centre de création industrielle se trouvait au sein de l'Union centrale des arts décoratifs (UCAD), renommée Musée des arts décoratifs en 2005. Cette institution logeait dans une aile du Palais du Louvre, rue de Rivoli à Paris. François Mathey, le conservateur en chef de 1966 à 1985 était animé d'une ambition vitale : favoriser la démocratisation de la culture. Pour atteindre cet objectif, il recrute François Barré, responsable d’institution culturelle et le charge de la mise en place d'une "galerie du quotidien", qui deviendra en 1969 le Centre de création industrielle (CCI).
logo
En 1972, le CCI est intégré au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, alors en phase de préfiguration, et deviendra en 1973, un des deux départements avec le Musée national d’art moderne (MNAM). François Barré va le diriger jusqu’en 1976-1977.

François Barré demande au graphiste Jean Widmer de créer un logo pour illustrer le CCI : un demi-cercle, évoquant un C, relié à un carré plus petit aux bords arrondis.

Le rôle du CCI

Affiche de l'exposition Qu'est-ce que le design en 1969
Affiche de l'exposition Crédit photo / Photo credit : (c) Centre Pompidou, MNAM-CCI/Bertrand Prévost/Dist. RMN-GP Copyright de l’oeuvre / Copyright Artwork : © Adagp, Paris


Le projet porté par François Mathey  et François Barré, vise à décloisonner les disciplines, à prendre en compte les domaines de l'architecture, de l'urbanisme, des communications visuelles et des fonctions collectives.

Le CCI n’a pas vocation à être un musée qui collectionne et valorise les objets contemporains ou le design d’une manière figée. Au contraire, il porte des interrogations sur l’environnement en organisant des expositions ponctuelles et thématiques. Graphisme, design et architecture, voire urbanisme, sont au centre des préoccupations.

Sa première exposition avait pour titre "Qu’est-ce que le design ?" au Pavillon de Marsan une aile du Louvre, siège de l’UCAD, en 1969.
Innovateur, son objectif est de replonger le design, les objets usuels dans leur contexte sans jamais dissocier le social, le technique et le symbolique. Il se propose aussi d’analyser les relations des individus et des collectivités à l’environnement des sociétés industrielles tout en suscitant des réflexions sur la signification des formes familières de la vie quotidienne.
Couverture d'un ouvrage intitulé Imagerie Politique
Couverture du premier catalogue d'exposition tenue au Centre Pompidou en 1977



La seconde exposition, qui inaugure le transfert du CCI de l’UCAD au Centre Pompidou en 1977, s’intitule "L’imagerie politique". Cette manifestation est organisée par Jean-Paul Gourévitch, commissaire associé de l’exposition.
En organisant cette exposition consacrée à l’image dans la politique, le CCI  élargit la notion de design. Le design dépasse l'objet "industriel" et s'étend à l'image, le graphisme, la couleur...

Outre l’organisation des expositions, le CCI possède un Centre de documentation. Celui-ci a pour mission de "mettre à la disposition de tous les informations relatives aux produits de conception contemporaine et de fabrication industrielle, répondant aux critères d’originalité du dessin, de qualité fonctionnelle, de corrélation entre le prix de vente, la qualité technique et la durabilité de l’objet".
 

Les publications du CCI

En plus des catalogues d’expositions, le CCI est aussi l’auteur d’une revue trimestrielle qui s’intitule "Traverses". Parue en 1975, elle est éditée jusqu’en 1994, soit deux ans après la fusion du CCI avec le MNAM. Sous la direction du philosophe Jean Baudrillard, la revue tente de sensibiliser le public aux questions de société. Bien que voulant s’adresser à un large lectorat, "Traverses" s’adresse à un public restreint. Les lecteurs sont amenés à réfléchir autour de textes d’une grande rigueur dans les domaines de la philosophie, de l’esthétique, des sciences humaines. Elle contient une nombreuse iconographie qui ne se veut pas une illustration des textes mais un message autonome. 
 
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