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Interview

Dans la bulle de Jérémie Moreau

Portrait de Jérémie Moreau
© Jérémie Moreau
Jérémie Moreau, invité du Jeudi de la BD en septembre 2019 à la Bpi, dévoile à Balises ses lectures et films préférés.    
Formé à l'école des Gobelins, il commence sa carrière en tant que character designer. Il imagine et conçoit des personnages pour le cinéma d'animation et travaille notamment sur Moi, moche et méchant 2. Après une collaboration avec Wilfrid Lupano en 2012, il publie ses bandes dessinées en tant qu'auteur et dessinateur. Ses inspirations sont nombreuses, à la fois poétiques et philosophiques, classiques et contemporaines, nourries notamment par l'esthétique du manga. 

 

Quels souvenirs gardez-vous de vos lectures d’enfance ?

Je lisais toutes les BD de la bibliothèque familiale, qui était composée essentiellement de classiques : Astérix, Tintin, Lucky Luke, Les Schtroumpfs et les BD de Gotlib, Moebius ou Bilal.
En revanche, je n’étais pas un gros lecteur de romans, ce qui me complexait un peu. Je sentais bien que les enfants lecteurs jouissaient d’une reconnaissance particulière de la part des adultes. Vers dix ans, j’ai lu Dix petits nègres d’Agatha Christie et je me souviens d’avoir souffert ! Je ne pouvais pas lire deux pages d’affilée sans m’endormir. Je ne comprenais pas que certains enfants se passionnent pour la lecture de romans. Faut-il y voir l'origine de ma plongée dans la bande dessinée ? Peut-être…

Qui sont les auteurs de BD qui vous inspirent ?

Enfant, je ne jurais que par Franquin. J’étais fasciné par la série Idées noires. Je recopiais les personnages avec lesquels je recréais des histoires. 
Je me souviens aussi du moment où les éditions Glénat ont importé le manga en France. Je suis très vite devenu accro à Dragon Ball, au point que, dans ma chambre, je m’exerçais au kaméhaméha, cette figure où le personnage propulse une boule d’énergie entre ses mains. J’imaginais des combats et je remplissais des quantités de feuilles avec tous les personnages de la série. 
À l’adolescence, je me souviens de l’arrivée en force des éditions Soleil rachetées par Delcourt sur le marché de la BD. Je lisais Lanfeust de Troy, Sillage, La Nef des fous, etc. Par ailleurs, j’étais très attiré par les dessinateurs venant de l'animation comme Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido, les auteurs de Blacksad ou Alessandro Barbucci et Barbara Canepa qui ont fait Sky Doll.
Depuis quelques années, je suis fidèle à mon trio d’auteurs favoris : Winsor McCay, Gus Bofa, Tezuka, trois cosmos poétiques absolument uniques. Ils me fascinent et m'inspirent au plus haut point. Je n'en vois pas d'autres qui, dans la somme de leur œuvre, entrent autant en résonance avec mes aspirations. 

Quels sont vos films d'animation préférés ?

Les Disney des années soixante sont certainement les films d’animation qui me parlent le plus. Quand j'étais petit, j'avais des cassettes sur lesquelles deux films étaient enregistrés à la suite. Je me souviens d’avoir regardé la vidéo de Merlin l'enchanteur suivi de Robin des bois jusqu'à épuisement de la bande ! Et au firmament de mes idoles, il y a bien évidemment Hayao Miyazaki. Tous les cinq ou six ans je revois tous ses films, ce qui est exceptionnel pour moi qui ne regarde jamais un film plusieurs fois. Mes préférés sont Porco Rosso, Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro.

Avez-vous un livre à nous conseiller ?

Je lis beaucoup de livres d’histoire ou de philosophie pour alimenter mes récits. En roman, je lis plutôt des classiques. Parmi les livres qui m’ont particulièrement inspiré pour La Saga de Grimr, je peux vous conseiller Colline de Jean Giono pour la langue et la personnification de la nature, et La Cloche d'Islande d'Halldór Laxness pour l'ambiance, le cadre historique, la manière de parler des Islandais.
Par ailleurs, parmi mes romans préférés, je vous recommande Trois maîtres de Stefan Zweig, de magnifiques portraits de Balzac, Dickens et Dostoïevski.
Auteur :
CC BY-NC-SA 4.0

Tags :
roman graphique
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