Publié le
20/07/2020
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« Laura est un roman sur les marqueurs de classe »

Lors de la rencontre « Dire les fractures », l’anthropologue et écrivain Éric Chauvier présente son dernier roman, Laura (2020) dans lequel il croise la littérature et les méthodes d’enquête liées aux sciences humaines.
En prolongement du festival littéraire « Effractions » organisé à la Bpi en février 2020, Balises vous propose pendant l’été une sélection de cinq rencontres autour de l’effondrement, du roman hybride ou de l’écriture du réel.
 

Laura est un dialogue vaudevillesque autour d'une bouteille de rosé « pas frais », sur le parking d'une zone industrielle, à l’arrière d’une usine de prothèses médicales. Le narrateur, double littéraire de l’auteur, est professeur d’anthropologie en région parisienne. Il y retrouve Laura, une amie du lycée dont il était tombé amoureux. « Les deux protagonistes n’ont pas fait face aux mêmes migrations de classe », explique Éric Chauvier. Laura est restée au « bled » et subit « une domination sociale, culturelle et sexuelle », précise le journaliste Guénaël Boutouillet. Pour le narrateur, elle est un « collage de souvenirs ». Elle symbolise à la fois un amour de jeunesse contrarié et le fruit de représentations fantasmatiques.

Éric Chauvier met en parallèle Laura et Anthropologie (2006), un précédent roman qui suit la trajectoire singulière d’une Rom croisée dans la périphérie de Bordeaux. À travers ces deux romans, l’auteur cherche à réhabiliter ces deux jeunes femmes en tant que personnes. Il analyse la souffrance humaine et se rend réceptif à « la négativité du monde ». Éric Chauvier explique que « l’on ne peut comprendre le monde si l’on n’affronte pas le négatif ». Dans ces deux enquêtes anthropologiques, il invoque le concept de « crise ». La crise est une « aliénation généralisée, elle commence là où il n’est plus possible de décrire les choses ».


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CC BY-NC-SA 4.0