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Chronique
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La Chambre d'Echo(s) #10 : David Bowie, "Heroes" (1977)

A la fin des années 1970, lorsque David Bowie débarque à Berlin, il n’est que l’ombre de lui-même - diaphane, paranoïaque et cocaïnomane. D’une sobriété toute germanique, "Heroes" (et l'ensemble de la trilogie Low-"Heroes"-Lodger, dite "berlinoise") montre un Bowie sans apprêt, expérimentant une pop ouverte et radicale, violemment contrastive, avec son télescopage d'influences soul, kraut, cabaret et ambient. Si Bowie tombe le masque de ses multiples avatars, il livre là un disque fondateur, comme l’avait été Ziggy Stardust en son temps.
Pochette du disque "Heroes"

Pour son créateur, "Heroes" marque l'apogée d'une décennie prolifique, avant que deux derniers essais ambitieux (Lodger) et ambigus (Scary Monsters) marquent le début d'une décennie où, de son propre aveu, Bowie sera partout ... sauf dans ses disques.

Ultra-moderne en son temps, "Heroes" est devenu la référence centrale du nouveau romantisme et de la scène new wave des années 80.

L'avenir montre ensuite qu'à intervalles réguliers (1995-1997 ; 2013-2015) "Heroes" est revenu hanter son auteur - l'incitant à s'engager de nouveau dans l'inattendu.

Réécoutons ce disque ensemble, ce qui l'a inspiré, ce qu'il a inspiré. Car une chose est sûre, David Bowie continue d’irriguer un pan entier de la pop, de la plus minimaliste à la plus exubérante.
 

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