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Chronique
Appartient au dossier :

La Chambre d'Echo(s) #9 : Conversations imaginaires avec Erik Satie

Malgré l'admiration que lui ont immédiatement voué Debussy, Ravel et le Groupe des Six, l'histoire de la musique "sérieuse" moderne et contemporaine a plus ou moins cantonné Satie à la place que, d'avance, lui-même s'était attribué : en marge.

Dans le climat dogmatique de l'après 1945, 
dominé par le sérialisme intégral, seul John Cage semblait trouver en Satie un guide.

La proximité de Cage et Duchamp ouvre un autre espace à la modernité sonore et à la poésie de l'auteur des Morceaux en forme de poire. Car Satie lui-même, à l'instar d'un Jarry, était certainement plus proche de Dada et des surréalistes que de ses collègues "compositeurs de musique".

Sous l'influence de Cage, Duchamp et de leurs disciples, la figure de Satie va littéralement envahir les champs artistique (Fluxus, Nouveau Réalisme) et musicaux (minimalismeambient).

Ainsi retrouve-t-on Satie dans les lofts new-yorkais et les galeries parisiennes (La Monte Young, Yves Klein), mais aussi partout où la musique néglige virtuosité et expressivité au profit des "immobilités sérieuses" : dans l'ambient d'Eno, le postmodernisme de Gavin Bryars, Michael Nyman et du Penguin Cafe Orchestra, jusqu'aux vignettes de Pascal Comelade, Yann Tiersen et Gonzales ; dans la transparence minérale des productions ECM (Arvo Pärt, Meredith Monk) et un certain jazz contemporain (The Vienna Art Orchestra) :

Vienna Art Orchestra, Vexation 1801 (extrait)
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