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Lutter contre l’état de stress post-traumatique

Les personnes confrontées à des expériences traumatiques sont susceptibles de développer un état de stress post-traumatique (ESPT) lourd de conséquences sur leur santé mentale et physique. Cette pathologie est étudiée dans le domaine militaire depuis la Première Guerre mondiale, et reconnue depuis janvier 1992, par décret. En revanche, dans le domaine civil, la prise en compte de la pathologie est plus récente et sa prise en charge plus délicate à mettre en place.
Deux soldats, un à l'écoute, l'autre pleure
Deux soldats américains de la Seconde Guerre mondiale, par PhotoNormandie, [CC BY-SA 2.0] via Flickr
Les conflits armés du 20e siècle ont participé à la reconnaissance de l’état de stress post-traumatique. Les cas ont été largement médiatisés, notamment ceux des vétérans de la guerre du Vietnam, et ont constitué un vaste panel à étudier sur du long terme. Pour autant, les militaires ne sont pas les seuls à être exposés à des situations traumatisantes. Une catastrophe naturelle, un attentat, un accident de voiture, un vol, etc. sont des situations traumatisantes au même titre qu’un conflit armé. Si toutes les victimes de ce type de situation subissent un choc psychologique, toutes ne développeront pas un ESPT. Le diagnostic d’ESPT se fonde sur les symptômes de reviviscence de l’événement, d’évitement et d’hypervigilance, associés à une détresse psychologique qui persiste à distance de l’événement.

Une étude réalisée en 2004 estimait que 0,7 % de la population française serait atteinte d’ESPT au cours de sa vie. Mais face à un événement traumatique fort, 25 à 75 % des victimes et 5 à 40 % des équipes de secours seront concernées. Ces estimations s’affinent avec l’étude de diverses catastrophes telles que les attentats du 11 septembre aux USA, l’explosion de l’usine AZF ou les inondations du Gard en France ou encore la fusillade de l'île d'Utøya, en Suède. De ces études, il ressort également que les estimations varient selon le dispositif de prise en charge ou de formation. En France, suite aux attentats du RER à la station Saint-Michel de 1995, des cellules d’urgences médico-psychologiques (CUMP) ont donc été créées en 1997. Il en existe une par département.

Les attentats terroristes de janvier 2015 en France ont fourni l’occasion de mieux étudier la pathologie sur les victimes, les témoins et les intervenants, à grande échelle, et ont permis de mesurer l’impact de la prise en charge. Selon les premiers résultats de l’étude I.M.P.A.C.T.S, le traumatisme était encore tangible 6 mois après et les personnes les plus atteintes étaient celles qui étaient les plus exposées. 6 % des personnes interrogées n’étaient toujours pas en mesure de retravailler. Lors des attentats, plus de la moitié des victimes ont bénéficié d’une prise en charge médico-psychologique ou d’une forme de soutien. Les bénéficiaires ont présenté moitié moins de troubles à 6 mois que les autres. Du côté des secours, les intervenants qui avaient pourtant été exposés à la situation traumatique et à la fatigue, présentent un impact psycho-traumatique moindre. Les professionnels qui ont reçu une formation spécifique sont ceux qui ont le mieux réagi au stress psychique. Cette étude souligne donc l’importance d’une prise en charge psychologique précoce des victimes, car seulement 4 % des personnes exposées ont consulté spontanément. Les résultats plaident également pour la formation et la prise en charge pour les intervenants, très impliqués émotionnellement et physiquement.
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