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La pauvreté en France

La France, cinquième puissance mondiale, compte de plus en plus de personnes pauvres, des personnes dont les ressources sont si faibles qu’elles ne peuvent mener une vie décente. 
Pour mieux appréhender cette question de la pauvreté, nous vous proposons une sélection de sites internet ainsi qu'une bibliographie.

Entre 5 et 8,8 millions de pauvres en France

Selon les données 2014 de l’Insee, on dénombre 5 millions de pauvres en France si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,8 millions si l’on utilise le seuil à 60 %
Au cours des dix dernières années (2004-2014), le nombre de personnes pauvres a augmenté élevant le taux de pauvreté de 1,2 point quel que soit le seuil retenu.
Si la pauvreté avait fortement baissé entre les années 70 et le milieu des années 90, on assiste aujourd’hui à une inversion de la courbe qui, même si elle ne conduit pas à une explosion de la pauvreté, correspond à un tournant historique.
La question de la pauvreté va de pair avec celle de la précarité, de l'exclusion et de l’invisibilité sociales.  
Les « invisibles », ces « groupes de population mal couverts par la statistique publique, peu visibles pour les pouvoirs publics et peu ou mal appréhendés par les politiques sociales » sont confrontés à un quotidien marqué par de nombreuses difficultés : difficultés financières, difficultés d'accès aux droits et besoins fondamentaux, absence d'écoute sociale, dégradation de leur environnement, mauvaises conditions de travail…
Ces chiffres n'incluent pas les migrants dont la pauvreté est toute aussi préoccupante.
 

C’est quoi être pauvre ?

La pauvreté est une question de revenus…

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu’il vit à un niveau inférieur au seuil de pauvreté fixé conventionnellement au sein de l’Europe à 60% du niveau de vie médian. La France utilise ce seuil de 60 % du niveau de vie médian, mais elle publie aussi des taux de pauvreté selon d’autres seuils (40 %, 50 % ou 70 %).

En 2014, le taux de pauvreté monétaire à 50% du niveau de vie médian s'élève à 8,1% de la population française et à 14,1% à 60 % du niveau de vie médian. Ainsi, une personne est considérée comme pauvre si ses revenus mensuels sont inférieurs à 1.008 euros.

Le statut professionnel, la composition familiale et l’âge influent fortement sur le taux de pauvreté. Ainsi, les catégories les plus vulnérables sont : les chômeurs, les familles monoparentales, les enfants de moins de 18 ans, les étudiants et les retraités.

… mais aussi de conditions de vie

La pauvreté en conditions de vie complète l’appréhension de la pauvreté monétaire.  Être pauvre, c’est également être victime de privations matérielles, comme c'est le cas pour 13 % des Français.
Des dizaines de milliers de personnes vivent ainsi dans des conditions très dégradées, n’ont pas d’emploi, dorment dans la rue, ont du mal à se soigner, ne peuvent pas se nourrir correctement, n’ont pas de vacances, de loisirs…

Le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 50 % entre 2001 et 2012, celui des personnes en hébergement contraint chez des tiers de 19 % entre 2002 et 2013. Par ailleurs, les personnes qui vivent dans des logements surpeuplés sont de plus en plus nombreuses, alors même que la tendance baissait depuis de nombreuses années.

Si les locataires continuent à payer leur loyer, ils le font au prix de sacrifices de plus en plus importants. Pour exemple, ils sont 44 % de plus qu’en 2006 à se priver de chauffage.
Le nombre d’expulsions locatives a atteint son record en 2015, avec 14 363 expulsions, un chiffre en hausse de 33 % par rapport à 2006.

Fin 2015, près de 2 millions de personnes touchent le RSA et 4 millions de Français sont allocataires des minima sociaux. Ces chiffres ne cessent d’augmenter et si on ajoute les ayants droit, c'est un peu plus de 6 millions de personnes qui vivent de ce type de prestations.

La pauvreté est par ailleurs inégale selon les territoires. Elle est plus importante dans les villes-centres et les communes isolées.
 

Comment lutter ?

La lutte contre la pauvreté est toujours d’une actualité criante et appelle à un sursaut collectif. Contrairement aux idées reçues, la plupart des Français restent solidaires des plus pauvres et les discours d’hostilité qui s’expriment parfois plus ouvertement demeurent minoritaires. La population soutient les politiques sociales. Mais, qu’en est-il des politiques ?

Le collectif Alerte, qui regroupe plus d’une cinquantaine d’associations de lutte contre la pauvreté et le mal-logement, lance « L’autre campagne » sur son site et sur twitter. Son objectif est de rappeler les réalités sociales, de déconstruire les préjugés sur la pauvreté et de faire des propositions aux candidats à l’élection présidentielle.

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