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Analyse
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De la friche industrielle au lieu culturel

"Le patrimoine, c'est ce qui est disponible"
 Marc Barani 

Archives du monde du Travail Roubaix
Le centre des archives du monde du travail de Roubaix dans l'ancienne usine Motte-Bossut [photo Velvet CC BY-SA 3.0, Wikimedia commons]
La genèse du mouvement de défense du patrimoine industriel remonte aux années 50 en Angleterre, suite à la destruction de nombreuses usines, lors de la seconde guerre mondiale. Depuis la création du terme « archéologie industrielle » en 1955, par l’historien britannique Michael Rix, le processus de revalorisation n’a fait que s’amplifier. Du château de l’industrie de la fin du 19e siècle au bâtiment ingrat des docks sur la Seine du début du 20e siècle, leur récupération par les architectes d’aujourd’hui leur apporte un nouvel usage pour une nouvelle vie. Les artistes ont été les premiers à découvrir les anciennes cathédrales du travail pour en faire de grands ateliers à moindre frais et c’est un fait que de nombreuses transformations d’usines profitent aujourd’hui au domaine culturel.
 
Les exemples sont nombreux et témoignent de choix très divers, entre transformation profonde, greffe, occupation des lieux sans intervention lourde, duplication... Quel que soit le parti architectural adopté, la mémoire industrielle et ouvrière est ainsi préservée, inscrite dans l'histoire du territoire. En voici quelques exemples : 
  • Le musée d'Orsay entre en gare et représente l'une des premières reconversions d'un patrimoine industriel. Vouée dans un premier temps à la destruction, objet de projets multiples dans les années 70, notamment la construction d'un hôtel de luxe, la gare parisienne est finalement classée en 1978, après la décision officielle de sa reconversion en musée. Elle augure une nouvelle politique architecturale, suite aux polémiques relatives à la destruction des Halles de Baltard et de la construction de la gare Montparnasse.    
  • le Lingotto, ancienne usine Fiat à Turin construite en 1922, est confiée en 1985 à Renzo Piano pour un projet de transformation. Sa fameuse piste d'essais sur le toit est sauvegardée et toujours en fonctionnement. Le bâtiment aujourd'hui accueille de multiples fonctions, notamment un centre d'expositions et de congrès et la pinacothèque Giovanni et Marella Agnelli. Le centre directionnel de Fiat occupe toujours une partie du bâtiment.  
  • LU, Le Lieu Unique à Nantes, dans l'ancienne usine des biscuits LU, transformée par Patrick Bouchain, "une usine à produire de l'imaginaire" depuis 2000. Patrick Bouchain est un des acteurs principaux en France de la transformation des friches industrielles : le Channel à Calais, la Condition Publique à Roubaix, la Friche de la Belle de Mai à Marseille. 
  • les archives du monde du travail par Sarfati dans un ancien "château de l'industrie",  l’usine Motte-Bossut à  Roubaix.
  • le tripostal à Lille, devenu haut lieu de la création contemporaine est l'un des nombreux témoins de la transformation du riche patrimoine industriel du Nord,  comme les maisons Folie, nouveau concept de résidence pour artistes situées au coeur de la ville, institutant un lien convivial entre les artistes et les habitants. 
  • le Grand Hornu en Belgique, est un ancien complexe industriel minier, témoin remarquable de la Révolution industrielle. Erigé entre 1810 et 1830  il constitue alors un véritable projet de ville, exemple unique d'urbanisme fonctionnel sur le continent européen au début de la grande ère d'industrialisation. Racheté par la province du Hainaut, l'ancien charbonnage devient musée d'art contemporain en 2002. 
  • le Métaphone à Oignies, ancien charbonnage dans le nord de la France, transformé en 2011 par les architectes Hérault Arnod. Ils ont choisi de garder dans leur intégrité les anciens ateliers et bâtiments  et d'ajouter à côté une architecture expérimentale, à la fois salle de concerts et "instrument de musique urbain", dont les murs et matériaux de construction peuvent être actionnés et produire des sons.  
  • le FRAC de Dunkerque, livrée en 2013 par Lacaton&Vassal, prend place dans une ancienne hall à bâteau que les architectes ont choisi de garder et en même temps de dupliquer afin d'en garder l'identité. 
  • les Docks sur la Seine par Jakob et MacFarlane, avec le concept de plug-over : greffe spectaculaire sur des bâtiments du début du 20e siècle.
Voir aussi : 



Pour aller plus loin 
  • Les ouvrages de la Bpi sur l'architecture industrielle sont rassemblés à la cote 720.4. Il convient également de faire une recherche dans le catalogue par nom d'architectes, classés avec les monographies d'artistes. 
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