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Déboutonner la mode

Du 10 février au 19 juillet 2015, le Musée des Arts décoratifs propose une exposition sur l'histoire des boutons du 18e au 20e siècles qui a pour titre "Déboutonner la mode"
L'exposition trouve son originalité dans la diversité infinie de formes, de matières et de couleurs des boutons. Cet accessoire se dévoile à travers les créations de grands couturiers comme Christian Dior, Chanel, Elsa Schiaparelli ou Yves Saint Laurent. Certains artistes (Diego Giacometti, Jean Arp, François Hugo, Line Vautrin...) se sont également pris au jeu qui consiste à créer des boutons qui sont de véritables œuvres d'art.
 
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Affiche de l'exposition "Déboutonner la mode"
Portrait d'un officier anglais du 18e siècle
Uniforme du 18e siècle porté par l'amiral Augustus Keppel peint par Joshua Reynolds (Domaine public) via Wikimedia.

Qui durant son enfance n'a pas été ébloui par les boutons ornant les vêtements de sa mère ? Qui n'a pas déniché dans une corbeille en osier un amoncellement de boutons prêts à être cousus sur une nouvelle robe et semblable à un trésor enfoui dans une cassette rouillée ?

C'est le cas de Loïc Allio. Depuis que sa mère lui a offert un bouton représentant sous forme de miniature deux femmes vêtues à la mode du début du 20e siècle, ce grand collectionneur devant l'éternel accumule les boutons tout en enquêtant sur leur histoire et leur origine. Sa collection qui a été acquise en 2012 par le Musée des Arts décoratifs comporte plus de 3000 pièces de différentes époques. Sa richesse est telle qu'elle est classée "œuvre d’intérêt patrimonial majeur" par la Commission consultative des Trésors Nationaux.

Un collectionneur de boutons s'appelle un "Fibulanomiste" comme on l'apprend sur ce site consacré à la collection de boutons anciens qui les recense par thèmes, par matières et par siècles. Loïc Allion préfère quant à lui l'appellation de "Boutoniste" mais n'essayons pas de provoquer "La guerre des boutons" ! A chacun son style.

Selon le numéro de la revue "Modes et travaux" de janvier 1941, "Les boutons sont le maquillage de la robe". En effet, les boutons ne sont pas de simples accessoires utiles pour s'habiller ou se déshabiller. Ils sont, comme chez ces couturiers emblématiques, révélateurs d'un style :

- Impératrice de la coupe en biais, Madeleine Vionnet dispose les boutons en position oblique et par ponctuation pour souligner la fluidité ou l'asymétrie des tissus.
- Maître du New Look, Christian Dior se sert des boutons pour donner un sens à une robe.
- Architecte de l'élégance, Cristóbal Balenciaga exige un nombre précis de boutons (parfois un seul) pour structurer ses créations.
- Amie des surréalistes, Elsa Schiaparelli demande à des artistes de lui créer des boutons originaux pour les parsemer sur ses vêtements tels des papillons aux ailes colorées se posant sur une veste blanche.
- Rejetant le superflu, Gabrielle Chanel n'accepte les boutons que s'il existe des boutonnières. A la rigueur, elle les admet pour parfaire la symétrie, comme sur un uniforme militaire.
- Créateur du smoking féminin, Yves Saint Laurent considère que les boutons sont les bijoux des vêtements.


 
Boutons d'homme
Boutons d'une veste d'homme bretonne du début du 20e siècle, par XIIIfromTOKYO,  (CC-BY-SA-3.0) via Wikimedia


Les passionnés de l'histoire des boutons peuvent consulter le catalogue de la Bpi  ou examiner les ouvrages classés sous la cote 743.9 (Costume, mode) au niveau 3 de la bibliothèque.

Les lecteurs intéressés par la couture et qui désirent créer eux-même des boutons à coudre sur des vêtements peuvent consulter les cotes commençant par 647 (couture et travaux manuels) au niveau 2 de la Bpi. .









Voici la présentation de l'exposition commenté par Véronique Belloir, Conservatrice et commissaire,  et Loïc Allio, collectionneur de boutons sur la chaîne YouTube des Arts Décoratifs :




 
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