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Analyse
Appartient au dossier :

La pratique du "re-"

« Architecturer, c’est transformer, organiser les mutations de ce qui est déjà là » 
Jean Nouvel
Bibliothèque Barcelone
Bibliothèque de l'université Pompeu Fabra - Barcelone dans un ancien réservoir d’eau (1874) par Lluis Clotet , 1992-1999- Wikimedia commons
Un bâtiment représente une masse considérable de matériaux et présente un défi majeur au regard de l’environnement, de l’économie et  du social. Est ainsi prise en compte sa capacité à s’inscrire dans un environnement durable, une économie circulaire et un social éthique. 

La transformation comme acte de création architecturale devient alors une forme de réponse aux nécessités de notre époque, dont les exemples de réussites fleurissent de toutes parts : des logements sociaux réhabilités jusqu’aux friches industrielles transformées en lieux culturels, en passant par des églises devenues centre de documentation, une nouvelle façon de considérer un bâtiment est à l’œuvre. Dès lors que sa destruction n’est plus envisagée, un bâtiment peut s’inscrire dans plusieurs cycles d’utilisation : la réutilisation  peut lui donner un nouvel usage, la réhabilitation peut l’améliorer sans changer sa destination (un logement social dans un nouvel habillage), la reconversion peut lui donner une nouvelle fonction (une usine devient centre culturel).
 
Il existe plusieurs manières d’intervenir sur une architecture préexistante. Il ne s’agit plus de conserver absolument mais de la rendre réutilisable. Si un bâtiment peut être périmé pour son usage ou par son style, il n’a pas de date de péremption. Grâce à la réversibilité de son architecture, le changement de sa fonction n’est plus un critère d’obsolescence : on peut lui greffer un corps étranger, injecter d’autres programmes, infiltrer une nouvelle modernité.

Si logique soit-elle, la  démarche de transformation n’est pas toujours facile à faire accepter et demande parfois de la part du maître d’œuvre un engagement presque militant pour prendre clairement parti contre la démolition en faveur de la transformation en préservant le « bien construit » du bâtiment d’origine, selon la « règle des trois R » : Reduce, Reuse, Recycle. L’évolution des grands prix d’architecture sur 25 ans démontre quant à elle que les jurys en sont venus à distinguer l’acte de transformer comme une création à part entière.  

Expositions en ligne
 
  • Exposition Pavillon Arsenal
     Re.architecture, Re.cycler, Ré.utiliser, Ré.investir, Re.construire  exposition au Pavillon de l’Arsenal en 2012, aborde le thème par une plate-forme collective d’exploration, de connaissance d’actions et de recherches autour des mutations et des pratiques culturelles, sociales et des politiques urbaines émergentes. 6 conférences en ligne sur le sujet par Jean Blaise, Didier Fussilier, Thierry Paquot, Maud Le Floc'h, Guillaume Hebert, Michel Cantal-Dupart.  
 
  • Métamorphoses, exposition au Pavillon de l'Arsenal à Paris du 21 avril au 24 mai 2015 : De 2001 à 2012, toutes catégories et surfaces confondues, 378 600 m2 de bureaux ont été autorisés à être transformés en logements à Paris, soit un rythme de 31 500 m2 par an (article et port-folio sur le site du Moniteur

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