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Filmer l'art 4/4 : Sur la longueur d'onde de Michael Snow

Sept écrans dans l'obscurité
Sur la longueur d'onde de Michael Snow : zoom arrière, de Teri Wehn-Damisch (2001)
Teri Wehn-Damisch réalise et produit des films sur l’art et la littérature depuis les années soixante-dix. Dans son film Sur la longueur d’onde de Michael Snow : zoom arrière (2001), la réalisatrice superpose les images et les procédés cinématographiques, offrant un point de vue inédit sur l’œuvre de l’artiste canadien.
Comment le cinéma documentaire filme-t-il les arts plastiques ? Les frères Maysles, dont la Cinémathèque du documentaire organise une rétrospective au printemps 2019, se sont focalisés sur les installations de Christo et Jeanne Claude pendant cinq films. Balises explore d'autres propositions originales.
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À partir d’une réflexion sur la spécificité des médiums, Michael Snow explore depuis les années cinquante les transformations des formes de représentation dans une œuvre qui intègre photographie, cinéma, peinture, sculpture et musique. Une approche sculpturale des images l’amène notamment à explorer les possibilités de la caméra, du zoom continu de Wavelength (1967), aux mouvements rotatifs de La Région centrale (1971).
 
Loin de documenter le travail de Michael Snow de manière littérale, le film documentaire de Teri Wehn-Damisch en propose une lecture renouvelée en entrelaçant les images et en empruntant certains procédés expérimentaux caractéristiques des œuvres de Snow.
Alors que le montage multiplie les espaces et les échelles de plans – une superposition de l’artiste improvisant au piano, des extraits de ses films, des vues d’expositions, des entretiens, des photographies et des écrans filmés –, la composition musicale et les commentaires de Snow dessinent un paysage sonore en arrière-plan. Une séquence inverse le principe du zoom avant de Wavelength (1967) : le champ de vision s’élargit pour faire place à une série de six écrans diffusant un entretien avec l’artiste.
 
En jouant sur les échelles de plans, Teri Wehn-Damisch propose une nouvelle perspective sur les œuvres de Michael Snow. Comme l’artiste aime à le faire, elle brise l’illusion cinématographique dans le plan final, qui donne à voir le démontage et la destruction, par la cinéaste et son équipe technique, de la maquette dans laquelle étaient agencées les images du film.

Lydie Delahaye, docteure en Études cinématographiques
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