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de ligne en ligne numéro 21 - octobre à décembre 2016

Là où les programmes anglais renvoient à des liens interpersonnels, c’est un véritable projet civique qui apparaît ici en filigrane. À chacun ses contradictions La prise en compte de l’enfant « sous toutes ses facettes » peut paraître plus respectueuse de l’enfant. Mais il convient d’y apporter quelques bémols. D’abord les enseignants anglais subissent une très forte pression liée aux évaluations nationales et aux palmarès des écoles qui en découlent. Ils ont de moins en moins la possibilité de travailler au rythme de leurs élèves, à partir de leurs intérêts et en favorisant leur développement émotionnel. Et sur le fond, le projet holiste anglais autorise l’institution scolaire à pénétrer jusque dans l’intimité de l’enfant, sans préserver de jardin secret. Il faut non seulement bien travailler, il faut aussi adhérer aux fins de l’institution. Le projet républicain français sépare les sphères publique et privée dans un idéal libérateur qui nécessite tout un travail de mise à distance. Mais ce projet sonne creux : il ne délivre pas l’égalité des chances promise, et il est en décalage avec une demande de bien-être et des aspirations identitaires que l’école française n’a jamais appris à gérer. L’école est alors souvent vécue comme un rouleau compresseur qui a du mal à faire une place à l’individualité et aux émotions. 17 dossier : École sensible Maroussia Raveaud, chercheuse en éducation comparée à l'université de Bristol ➩suite du dossier


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