tendance : "Car Je est un autre", interview de Philippe Bertrand

de ligne en ligne numéro 21 - octobre à décembre 2016

tendance « CAR JE EST UN AUTRE » Habiter le corps d’un autre, c’est l’expérience que pro-pose de vivre le collectif BeAnotherLab, qui travaille les questions de l’identité et de la téléprésence. À travers un dispositif de réalité virtuelle, The Machine to Be Another interroge la perception de soi et son influence sur notre vision du monde. Interview de Philippe Bertrand, membre de BeAnotherLab Vous faites partie de BeAnotherLab, qui travaille sur des expériences d’altérité à la croisée de l'art contemporain et des neurosciences. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce collectif ? BeAnotherLab est un groupe international multidisciplinaire, qui focalise son travail autour des questions de l’identité, de la communication et de l’empathie entre les individus, grâce au développement d’expériences virtuelles subjectives. Notre équipe a des compétences dans des domaines aussi variés que les sciences cognitives, l’informatique ou l’anthropologie. Depuis 2012, nous travaillons également en collaboration avec des universitaires de différents pays (France, Espagne, Allemagne, États-Unis, Brésil...), de différentes institutions (Université Paris Descartes, MIT...) et de différentes disciplines (psychologie, neurosciences, art, médecine, technologie). Nous évoluons donc à la croisée de Press Start 4e édition The Machine to Be Another du 14 au 17 octobre de 15 h à 19 h Salon Jeux Vidéo inscription préalable : nouvelle-generation@bpi.fr ou sur place dans la limite des places disponibles l’art, des sciences et des technologies, en interrogeant les hiérarchies entre ces différents savoirs. Pour nous, ils sont complémentaires, nous les recoupons, les imbriquons les uns aux autres. Il y a quelques années, Henrik Ehrsson de l'Institut Karolinska à Stockholm et Olaf Blanke de l'École polytechnique fédérale de Lausanne sont parvenus à reproduire en chambre des expériences dites de « sortie du corps ». En quoi ces expériences ont-elles nourri le projet de The Machine to Be Another ? The Machine to Be Another s’inspire des travaux scientifiques de ces chercheurs sur la possession mentale du corps. Au cours de leurs expériences, ils utilisent des systèmes de réalité virtuelle qui font croire aux utilisateurs qu’ils habitent un autre corps – celui d’une autre personne, d’un avatar ou encore d’une poupée Barbie. Ces illusions sont créées par des stimuli multi-sensoriels, qui remplacent leurs yeux, leurs oreilles et leur toucher, et finissent par tromper leur cerveau. The Machine to Be Another utilise ces techniques de réalité virtuelle pour permettre à des individus d’échanger leurs perspectives et leurs points de vue, en se voyant agir à travers le corps de l’autre. Pouvez-vous nous décrire l’expérience Gender Swap ? Dans cette expérience, deux personnes de sexe opposé sont équipées d’un casque de réalité virtuelle, retransmettant en temps réel la perception de l’autre, filmée en caméra subjective. Pour que le dispositif fonctionne, il faut que les deux utilisateurs fassent les mêmes mouvements de façon synchronisée. Cette interaction crée une dynamique de respect mutuel, car chacun doit accepter de faire la même © BeAnotherLab 24 tendance : « Car Je est un autre »  Expérience dans le centre de rétention d’Holot, où des citoyens israéliens ont pu se voir en réfugiés soudanais


de ligne en ligne numéro 21 - octobre à décembre 2016
To see the actual publication please follow the link above