Sélection

Appartient au dossier : Lectures d’été

Lectures d’été 4/10 : 4 bandes dessinées en bord de mer

Les vacances en bord de mer ont une saveur toute particulière. Sur le sable, le temps s’écoule différemment et la plage est l’endroit idéal pour lier de nouvelles amitiés, des amours éphémères et passionnées. Un matériau idéal pour la bande dessinée qui excelle à restituer ces atmosphères lumineuses ou mélancoliques, comme échappées d’un paradis perdu. Tu vas voir ce que tu vas lire a sélectionné quatre bandes dessinées qui replongent dans les souvenirs d’un temps enfui. 

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Publié le 13/07/2020 - CC BY-SA 3.0 FR

Sélection de références

Cet été-là

Jillian et Mariko Tamaki
Rue de Sèvres, 2014

Comme chaque année, Rose passe ses vacances en famille à Awago Beach, où elle retrouve Windy, son amie depuis l’enfance. Âgées de treize et onze ans, les deux jeunes filles passent leurs journées ensemble — se baignent, jouent, discutent et regardent en cachette des films d’horreur. Pourtant, cet été-là, les deux années qui les séparent font toute la différence. Si Windy reste attachée au monde de l’enfance, Rose, elle, est en train de le quitter progressivement. D’abord, il y a son corps qui change, puis son regard, et enfin ses questionnements sur la famille, l’amour, les garçons.

Tout en langueur et en délicatesse, Cet été-là montre l’indicible du temps qui passe. Par petites touches, dans le creux des non-dits, Mariko et Jillian Tamaki excellent à dire ce moment particulier, à la fois universel et singulier, de l’entrée dans l’âge adulte.

À la Bpi, niveau 1, RG TAM C

Vive la marée !

David Prudhomme, Pascal Rabaté
Futuropolis, 2015

En route pour Povolo plage ! Les vacanciers arrivent en 4×4, en décapotable, en train et même en vélo, pour une belle journée à la plage. Les personnages se croisent, s’observent, lient connaissance parfois. Les activités sont diverses : pêche à pied, jeux de plage, bronzage, promenade des chiens… Le temps passe et la marée monte. Il est l’heure de repartir après une journée en bord de mer bien vécue.

Les auteurs dessinent une image très vivante, drôle et légèrement acerbe d’une ville de vacances et de sa plage. Les saynètes et les portraits de vacanciers font écho à nos souvenirs et nous semblent étrangement familiers. La narration est bien constuite : chacun vit sa journée à sa façon, dans sa bulle de pensée et le récit passe d’un personnage à l’autre lorsqu’ils se croisent. L’humour est omniprésent, y compris dans les détails, ce qui nous amène à scruter les images à la recherche d’un jeu de mot sur l’ardoise d’un restaurant, d’une référence grotesque à un album des Beatles…  Le lecteur se laisse aller à la douce nonchalance qui imprègne l’album, bercé par la tendresse et la poésie du récit. L’ouvrage est à l’image de sa couverture : une immersion surprenante et réussie dans une tranche de vie ordinaire.

À la Bpi, niveau 1,  AL VIV

L'homme de la mer

L'Homme de la mer

Jang Deok-Hyun
Pika, 2017

Sur l’île de Jeju, les existences n’ont pas la douceur préservée de la nature environnante. Anna, trentenaire et célibataire, travaille dans une supérette où elle s’ennuie ferme, entre deux altercations avec son patron. Deok-hyun, quadragénaire et veuf, quitte uniquement son conteneur pour aller pêcher avec les Haenyos, ces femmes-plongeuses coréennes qui débusquent les fruits de mer en apnée. Lorsque leurs routes se croisent, une chose est sûre : ils sont bien plus doués pour la natation que pour les relations humaines. C’est par la mer qu’ils vont s’apprivoiser, redonnant peu à peu du sens à leurs vies solitaires.

Graphiquement impeccable, L’Homme de la mer nous immerge dans une société coréenne tiraillée entre consumérisme aveugle et tradition séculaire, où seule la transmission soigne le désenchantement des êtres.

À la Bpi, niveau 1, MA HOM

Une sœur

Bastien Vivès
Casterman, 2017

Comme chaque été, Antoine, treize ans, et sa famille se rendent dans leur maison de vacances en Bretagne. Antoine et son petit frère, y retrouvent leurs habitudes : construction de châteaux de sable, pêche aux crabes. Mais le quotidien paisible du jeune garçon est troublé par l’arrivée d’Hélène, une belle adolescente, de passage avec sa mère pour quelques jours. Petit à petit, Hélène initie Antoine à la transgression et l’incite à sortir de la candeur de l’enfance. Les deux adolescents tissent alors un lien singulier, complice, fraternel.

Une sœur est un album au graphisme quasi-cinématographique, dans lequel les plans et les mouvements donnent vie à des personnages prodigieusement incarnés. Bastien Vivès livre un roman graphique à la fois intimiste et percutant, dont le scénario sensible et le dessin subtil retranscrivent habilement la douceur des soirs d’été.

À la Bpi, niveau 1, RG VIV S

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