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Julio Cortázar en quelques dates

Des repères dans la vie de Julio Cortázar pour découvrir le parcours  littéraire et engagé de l’écrivain.

Photo de Cortázar à la loupe par Sara Facio, 1967
Photo de Cortázar par Sara Facio, 1967, domaine public

1914 : Julio Cortázar naît à Bruxelles d’un père argentin consul à l’ambassade belge et d’une mère argentine d’origine française et allemande.

Il  passe son enfance et son adolescence à Bruxelles. La guerre oblige la famille à se réfugier en Suisse puis à partir pour Barcelone. 

1918 : La famille Cortázar retourne en Argentine et s’installe dans la banlieue de Buenos Aires. Le départ du père est un  traumatisme qui transparaîtra dans l’œuvre de Cortázar. Il est élevé avec sa sœur par sa mère et sa grand-mère qui vivent dans des conditions modestes. De santé fragile il consacre beaucoup de temps à la lecture. 

1928 : Il entre à l’Ecole normale et y reste jusqu’en 1935. Dans les années 30 il découvre le Surréalisme (« Plongeon dans la littérature moderne »), la boxe, la littérature policière, le film noir américain, le jazz et le blues qui auront une influence déterminante sur son oeuvre. Il s’installe avec sa famille à Buenos Aires et commence l’exploration de cette ville qui constituera l’espace poétique de certains de ses écrits : Marelle (Rayuela, 1963) ; 62, maquette à monter (62, modelo para armar, 1968). Il suit des études de lettres et de philosophie.
Enseignant, il reprend ses études de lettres mais doit continuer à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.
C’est à cette époque qu’il publie des sonnets inspirés de Mallarmé et travaille sur des traductions.

1944 : Il enseigne la littérature à Mendoza (sud ouest de l’Argentine) et voyage dans le Nord argentin et au Chili.
Opposé à Juan Perón (arrivé au pouvoir après un coup d’état en juin 1943 et élu président de la République en 1946), Cortázar démissionne de l’enseignement et retourne à Buenos Aires. Il travaille dans l’édition et continue les traductions d’auteurs anglais et français.

1946 : Il publie son premier recueil de contes, L’autre rive (La otra orilla) et de nombreux articles qui paraissent dans des revues importantes comme les « Annales de Buenos Aires » dirigées par Jorge Luis Borges.

1948 : Il rencontre Aurora Bernardez, traductrice.

1951 : Il arrive à Paris où il s’exile pour des raisons politiques en réaction au gouvernement de Perón. Cortázar et Aurora Bernardez se marient en 1953 à Paris.

1954 : Il est engagé comme traducteur par l’Unesco. Il commence à rédiger son roman Marelle (Rayuela), « Un antiroman », « Un livre ouvert ».

Couverture du roman Marelle
Le roman-monde Marelle
 

1961 : Cortázar et Aurora Bernardez effectuent leur premier voyage à Cuba. Ils y retrouvent Octavio Paz, Carlos Fuentes, Pablo Neruda, Mario Vargas Llosa et soutiennent la révolution castriste. Cortázar rencontre l’écrivain cubain José Lezama Lima qu’il admire.

1969 : Il se sépare d’Aurora Bernardez, rencontre Ugné Karvélis, écrivaine et traductrice lituanienne qui travaille comme éditrice chez Gallimard. Elle fait connaître la littérature latino-américaine en France. Très engagée à gauche, elle a une influence majeure sur les positions publiques et la pensée politique de Cortázar.
1971 : Le poète Heberto Padilla est arrêté à Cuba pour avoir critiqué le régime (alors qu’il avait d’abord soutenu la révolution castriste). Une lettre de protestation est signée par des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Mario Vargas Llosa… et Julio Cortázar. Padilla est libéré.

1973 : La situation politique se dégrade en Argentine et au Chili où le coup d’Etat de Pinochet instaure une dictature qui conduit Cortázar à participer à la création d’un réseau de solidarité à Paris.

1974 : Le roman de Cortázar Livre de Manuel (Libro de Manuel) reçoit le Prix Médicis.
Cortázar participe à Rome au Tribunal Russell, autorité morale qui juge les crimes de la dictature chilienne et les violations des droits de l’homme commis en Amérique latine.

1976: En Argentine l’extrême droite s’en prend aux militants de gauche. Le recueil de contes Façons de perdre (Alguien que anda por ahí) de Cortázar est interdit de publication.
« La Junte m’empêche de publier là-bas mes derniers contes… ». Le 26 mars un putsch militaire instaure la dictature.
Voyages de Cortázar au Costa Rica, à Cuba, en Jamaïque, au Mexique, à Saïgon, au Kenya…

1977 : Il rencontre au Canada la photographe et traductrice Carol Dunlop et rompt avec Ugné Karvélis.

1981 : Il demande la nationalité française en opposition à la dictature militaire qui sévit en Argentine (4 juntes militaires se succèdent de 1976 à 1983) et l’obtient la même année que Milan Kundera.
Cortázar et Carol Dunlop soutiennent le mouvement populaire révolutionnaire au Salvador où la guerre civile a éclaté en 1979. Tous deux militent pour les droits de l’Homme.
Ils se marient et partent en voyage au Nicaragua pour soutenir la cause sandiniste. Cortázar et Carol décident d’organiser un voyage d’un mois entre Paris et Marseille, sans sortir de l’autoroute, pendant lequel ils rédigent ensemble le texte Les autonautes de la cosmoroute, ou un voyage intemporel Paris-Marseille (Los autonautas de la cosmopista, viaje attemporel París-Marsella).
La santé de Cortázar se dégrade.

Entre Paris et Marseille à bord d'un Combi Volkswagen
Entre Paris et Marseille à bord d’un combi Volswagen

2 novembre 1982 : Carol Dunlop décède d’une aplasie médullaire à l’âge de 36 ans.

Cortázar termine seul l’écriture des Autonautes de la cosmoroute en souvenir de Carol. Il publie son dernier recueil de contes Heures Indues (Deshoras) et des textes politiques dont Nicaragua tan violentamente dulce. Il fait un dernier voyage à Buenos Aires.

12 février 1984 : Cortázar meurt d’une leucémie à l’âge de 70 ans.

Publié le 24/11/2014 - CC BY-SA 4.0

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