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Paris au quotidien

Vladimir Nabokov s’installe à Paris en 1937, d’abord seul avant d’être rejoint par  sa femme, Véra, et leur fils, Dmitri.
Auparavant, il avait, en 1932 et en 1936, à l’occasion de lectures ou de rendez-vous professionnels, fait de courts séjours parisiens. Il était alors hébergé soit chez l’un de ses cousins (Nicolas Nabokov ou Rausch von Traubenberg) soit chez Ilya Fondaminsky. C’est encore ce dernier qui l’accueille en 1937 alors que sa femme et son fils sont hébergés chez les cousins de Véra, les Bromberg, rue Massenet.
Les Nabokov s’installeront ensuite dans un studio, rue Saigon puis dans l’hôtel Royal Versailles, avant d’emménager rue Boileau.
Trois semaines après leur départ pour les États-Unis en 1940, l’immeuble sera détruit sous les bombes allemandes.
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Crédits : photographies insérées dans la Google Map : Sylvain Schwarz.

La carte ci-dessus permet de visualiser les différents endroits où Nabokov a séjourné. Beaucoup d'émigrés russes à l'époque s'établissent dans le 15ème et 16ème arrondissement.
 

"Parich" disait-il à la manière russe : "Pas riche"

"Mes souvenirs les plus sombres sont liés à Paris et mon soulagement à la perspective d’en partir était plus fort que tout."
(Autres rivages, p. 326)

Si Nabokov évoque de manière aussi sombre Paris, c’est en raison notamment des difficultés financières qu’il rencontre. Dans une lettre à Mikhaïl Rostovtzeff, citée par Maurice Couturier dans les Nouvelles complètes, il se confie :
" Ma situation est devenue si difficile qu’il me faut chercher absolument n’importe quel travail. Mes revenus littéraires sont minuscules : je ne pourrai même pas en vivre seul, mais j’ai une femme et un enfant, sans parler du dénuement matériel de ma mère et en fait de toute ma famille. […] Je ne peux plus compter sur la moindre ressource supplémentaire. En un mot […] ma situation est désespérée."
C’est également pendant un de ses séjours parisiens que Nabokov rencontre Irina Guadanini, qui devient sa maîtresse, ce qui complique singulièrement ses relations avec sa femme.
C’est à Paris, encore, qu’il apprend la mort de sa mère. Et c’est à Paris enfin que son frère Sergueï accusé d’espionnage et dénoncé est arrêté et envoyé dans un camp de concentration où il meurt en juin 1945.

Il n’est alors pas très étonnant que dans ses romans, son évocation de Paris ne soit pas toujours très positive.
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