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Sélection

Traduire Georges Perec

Truffés de contraintes formelles, de citations, de jeux de mots et de clins d’oeil, les textes de Georges Perec donnent bien du fil à retordre aux traducteurs. Entre adaptation et appropriation, entre transposition et nécessaire trahison, la traduction de ses plus célèbres romans exacerbe les questionnements qui font débat dans la profession.
 
couvertures de titres de Perec à l'étranger (2)

Si la Disparition compte aujourd’hui une dizaine de traductions, ce célèbre roman entièrement écrit sans utiliser la lettre e (une contrainte appelée “lipogramme”) a longtemps semblé impossible à transposer dans une autre langue. Ses différents traducteurs ont souvent débattu des difficultés posées par cette contrainte, et des choix parfois draconiens qu’ils ont eu à effectuer. Ainsi, puisque Perec a choisi le e car il s’agit de la lettre la plus courante en français, il était logique que les versions espagnoles et catalanes de l’œuvre escamotent le a, plus courant dans ces deux langues. Mais quid du japonais, par exemple, dont l’écriture ne ressemble en rien à l’alphabet latin ?

S’il est le cas le plus emblématique, la Disparition n’est pas le seul texte de Perec à soulever d’importants problèmes de traduction. La Vie mode d’emploi, avec ses innombrables contraintes dissimulées, ses jeux d’échos et ses trouvailles formelles, est lui aussi souvent évoqué. On pourra aussi parler des Revenentes, dans lequel seule la voyelle e est utilisée, ou encore des Alphabets, ces poèmes construits autour des onze lettres les plus utilisées de l’alphabet, et qui attendent encore d’être traduits...

Cette sélection de références permettra de mesurer à quel point les traducteurs peuvent déployer des trésors d’inventivité et d’astuce, au point d’égaler Perec lui-même. Car la traduction n’est-elle pas déjà une forme d’écriture à contrainte, celle du texte original dont on ne peut s’éloigner ?  
 
couvertures de titres de Perec à l'étranger (1)

 
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