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Son
Gérard Grisey, Vortex Temporum (extrait)

Gérard Grisey, Vortex Temporum (extrait)

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Peut-être le nom de Gérard Grisey (1946-1998) ne s'est-il pas encore imposé de manière aussi nette que celui de nombre de ses illustres contemporains (Boulez, Ligeti, Stockhausen).

Mais c'est sans doute parce qu'avec celle de ses compagnons de l'Itinéraire (Michaël Lévinas, Hugues Dufourt), la nouveauté de sa musique, fondée sur le timbre et le mouvement plutôt que sur la structure et le langage, avait besoin de temps pour se déployer et se réverbérer.

Depuis sa disparition, après la composition de "Quatre chants pour franchir le seuil" (1998), Gérard Grisey est devenu tout à la fois la référence de compositeurs tentés par l'hybridité et la saturation (de Fausto Romitelli à Yann Robin), une certaine "connaissance par les gouffres" que n'aurait pas reniée Michaux, et de musiciens aux parcours beaucoup moins académiques, comme les improvisateurs de Hubbub ou Stephen O'Malley, du groupe drone metal Sunn O))).

Il n'est donc pas si étonnant qu'Anne Teresa de Keersmaeker, jusqu'à présent associée à la musique de phase de Steve Reich, trouve aujourd'hui chez Grisey, et singulièrement Vortex Temporum (sans doute une des oeuvres à la fois les plus denses et limpides du compositeur), matière à déployer une partition chorégraphique faite de plis et de déplis iridescents.
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