0   Commentaires
Publié le

Beaubourg, les génies du lieu 7 : le plan libre

Structure de la façade est, en construction
Construction de la façade Est. Photographe : G. Meguerditchian (1974-1977) | [CP_104] © Centre Pompidou – MNAM-CCI - Bibliothèque Kandinsky - G. Meguerditchian
Le 31 janvier 1977, un ovni architectural est inauguré sur le plateau Beaubourg. “Ça va faire crier !”, prédit Georges Pompidou, à l'initiative du nouvel édifice provocateur. Quarante ans après, c’est le temps de la reconnaissance des génies du lieu qui n’ont rien perdu de leur profonde originalité et de leur modernité.
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Flexibilité et mobilité

“Pour qu’une symbiose s’établisse entre ces différentes activités, il fallait que l’architecture évite elle-même les inconvénients du cloisonnement des genres comme de leur juxtaposition. C’est un des mérites du projets des architectes Renzo Piano et Richard Rogers que d’avoir conçu un édifice totalement dépourvu d’obstacles intérieurs et susceptible d’aménagements liés au besoin du moment.” (Robert Bordaz)
Rejeter à l’extérieur l’ensemble des flux et des circulations est le principe qui a permi de libérer de grands plateaux pour créer des espaces flexibles et mobiles. Pour Renzo Piano, les cloisonnements sont beaucoup moins importants que la maîtrise des paramètres d’ambiance et de confort :
"Je crois que l’espace représente avant tout la magie de certains moments collectifs et qu’il découle le plus souvent d’éléments intangibles comme l’air, la lumière et le son, au lieu d’être le produit d’un agencement de murs, de cloisons et de plafonds. [...] Par-dessus tout, il faut qu’un bâtiment procure une sensation de sécurité et de confort, en même temps qu’une sorte de jubilation intérieure.”
Pour Richard Rogers, la flexibilité va de pair avec la prise en compte des changements technologiques et sociaux. Conçus pour procurer une sensation de bien-être aux visiteurs, tout en se révélant capables d’accueillir les activités les plus diverses, en changeant d’affectation autant que nécessaire, le travail de Piano et Rogers se situe au croisement des sciences, des techniques et d’une approche plus humaniste de l’architecture. Le projet d’origine prévoyait de pouvoir ajouter ou retrancher des éléments comme dans un jeu de cubes, notamment un système de mezzanines mobiles qui devait pouvoir s’accrocher aux poutres maîtresses. Finalement, la flexibilité a concerné uniquement les grands plateaux, dépourvus de cloisons, ce qui imposait aux différents départements de ne pas tomber dans une guerre des territoires ! Les architectes ont aussi participé à la conception du mobilier des bureaux, qui répondait au même principe de flexibilité. La flexibilité a permis pendant quarante ans d’adapter les espaces aux usages et autorise encore aujourd’hui de nouveaux projets d’aménagements, répondant en cela aux désirs profonds de ses concepteurs :
“Le Centre me fait penser à un grand instrument de concert, un piano par exemple, sur lequel on joue sans cesse, et qu’il faut par conséquent réaccorder très souvent, pour qu’il donne toujours la note juste, celle qui correspond aux aspirations du public, qui le fait vibrer”. (Richard Rogers) 
Auteur :
Captcha: