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Echenoz et le chiffre 2

Les chiffres et les nombres tiennent une place importante dans l’œuvre d’Echenoz. Ils apparaissent dans les titres de romans et de textes : Un an, 14, Nous trois, Midi moins cinq, « Vingt femmes dans le jardin du Luxembourg et dans le sens des aiguilles d'une montre » (in Sophie Ristelhueber, Le Luxembourg). Gregor, le personnage principal de Des éclairs, est, lui, complètement obsédé par les chiffres et notamment les multiples de trois. Mais un chiffre revient de façon récurrente, c’est le deux.
« Tout ira par deux » dit d’ailleurs un personnage de L’Équipée malaise, paru en anglais sous le titre Double Jeopardy. Interrogé récemment par un journaliste de Libération sur l’omniprésence dans son œuvre du chiffre deux, l’écrivain répond :
« Les universitaires réinventent à la lumière d’outils qui sont les leurs. C’est aussi fait pour ça au fond, pour que les lecteurs avec leurs propres filtres puissent reconstruire l’histoire. Le 2 est également lié à L’Équipée malaise, dans lequel tout était organisé de manière binaire. Mais le fait qu’un des personnages dise que tout va par deux vient d’une des très rares interventions d’éditeur. Jérôme Lindon m’avait dit : c’est drôle parce que dans ce livre, tout va par deux. Ce serait mieux que vous le signaliez quelque part. J’ai juste rajouté quatre mots. Si Lindon ne me l’avait pas suggéré, la remarque n’aurait peut-être pas été faite. Je ne sais pas. »
« Echenoz s’expose : "Écrire, ce qu’il y a de plus divertissant"», dans Libération, 8 décembre 2017.
 Si Jean Echenoz ne reconnaît pas de valeur symbolique au chiffre deux, il aime particulièrement jouer sur les effets de symétrie ou de contraste qu’il permet. Les personnages vont par paire, assortis comme Ripert et Bock, les enquêteurs de Cherokee, ou totalement opposés. Les deux mains des pianistes agissent chacune de leur côté, comme parfois les yeux de ses personnages ! Les personnages des Grandes blondes et de Lac sont ainsi affectés de strabisme, une singularité pas si courante pourtant.
Jean Echenoz utilise souvent une structure binaire dans la construction de ses intrigues. Il peut s’intéresser à deux thématiques sans aucun lien entre elles, et finir par les relier. Ou bien ce sont deux histoires qui se croisent dans un même roman, deux pistes qui s’amorcent… De même, Jean Echenoz affectionne particulièrement une figure de style qui repose sur l’appariement bancal de deux termes ou de deux propositions : le zeugme.
 
Et vous, saurez-vous retrouver d’autres exploitations du chiffre deux dans l’œuvre d’Echenoz ?
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