0   Commentaires
Brève

Plus que 704 photojournalistes...

En dix ans, le nombre de photojournalistes ou reporters-photographes possédant une carte de presse a baissé de près de 45%, si bien qu’en 2016, seules 704 cartes ont été délivrées. Un chiffre révélateur de la précarisation de ce métier qui subit les effets de la crise de la presse et de la révolution numérique.
Le nombre de cartes de presse délivrées annuellement reste stable. Seul le nombre de cartes accordées aux reporters-photographes a baissé de façon drastique, ce qui révèle bien les difficultés rencontrées dans ce secteur. La Scam (Société civile des auteurs multimédia) les a identifiées depuis plusieurs années et ne cesse d’alerter sur la dégradation des conditions du métier de photojournaliste.

Confrontée à la concurrence de visuels à bas prix, l'image de presse a perdu de sa valeur marchande. Les critères de sélection ont changé : en plus d'être peu coûteuse, voire gratuite, une bonne photo est une photo facile à trouver. 
Les agences de presse et les rédactions qui cherchent à compresser leur frais ont trouvé là l'occasion de réduire leurs dépenses — au détriment de la qualité souvent. Elles tentent aussi de contourner le statut du photojournaliste : profitant du fait que les photojournalistes restent auteurs de leurs photos, elles veulent les rémunérer en droits d’auteurs afin de ne plus les salarier. Les commandes, en contradiction avec le droit d'auteur, diminuent, voire disparaissent.
Quand les rémunérations salariales se raréfient, quand les reporters-photographes sont contraints de diversifier leur activité pour survivre, comment justifier d’une activité principale salariée en tant que photojournaliste ? Ce critère est pourtant nécessaire à l’obtention de la carte de presse par le CCIJP (Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels). De nombreux photojournalistes perdent donc leur carte, ce précieux sésame dans le cadre de leur activité. 

Les reporters-photographes se retrouvent ainsi sans agence et sans véritable commande. Ils doivent assumer seuls les frais du reportage ce qui limite leurs ambitions et surtout met en danger leur sécurité : certains partent seuls en zone de conflit, mal préparés, sans assistance ni assurance, celle-ci étant trop chère.
Captcha: