Sélection

1913, Le Sacre du Printemps

« Augures printaniers » : c’est le titre d’une célèbre séquence du Sacre du Printemps, ballet composé par Igor Stravinsky en 1913 pour la troupe de Diaghilev, et son danseur maudit Vaslav Nijinski.

Un accord unique, martelé, dissonant : une masse.

Il faut croire que le « printemps » en question, dans l’imaginaire de l’époque, n’est pas dominé par la douceur, mais bien par les fièvres et les convulsions...

Le 29 mai, le tout nouveau Théâtre des Champs-Elysées, construit par Auguste Perret (dans un style résolument optimiste), est secoué par une émeute entre partisans et opposants du Sacre. Cette soirée mémorable éloigne définitivement la création musicale des rivages impressionnistes et symbolistes, pour la faire basculer dans une contemporanéité dont l’onde de choc nous traverse encore. 

L'entrée dans le vingtième siècle musical et artistique

De ces convulsions qui augurent "l'âge des extrêmes", comme le dit l'historien Eric Hobsbawm du "court vingtième siècle", la première du Sacre est sans doute la manifestation la plus visible.

Mais tout cela se passe aussi très peu de temps après que Schoenberg, avec le sprechgesang ("parlé-chanté") et la musique atonale de son Pierrot Lunaire, a lui aussi remis en cause les fondements du langage musical.

La même année voit deux étincelles, la Roue de bicyclette de Duchamp et Alcools d’Apollinaire, clignoter dans un ciel qu’embraseront bientôt les incendies Dada et surréaliste.

literatureapollinairecalligrammes1.jpg   Duchamp, Roue de Bicyclette, RMN.jpg  
(Apollinaire, Calligrammes. Gallica)  (Duchamp, Roue de Bicyclette, RMN)  

Retrouvez dans l’Espace Musique de la Bpi (niveau 3) des enregistrements, des partitions, des livres et des films autour de cette année charnière.