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Recommandation maison 5/6 : La Chambre, de Joëlle Bouvier et Régis Obadia

Neuf femmes affrontent en dansant les éléments qui déferlent dans une pièce close : voici l’argument onirique de La Chambre, cinédanse réalisée en 1988 par Joëlle Bouvier et Régis Obadia.
En cette longue période de confinement, l'équipe de Balises vous propose chaque semaine une œuvre différente sur le thème de la maison, disponible en ligne et en libre accès.
Photogramme de La Chambre, Bouvier & Obadia, 1988
Joëlle Bouvier & Régis Obadia, La Chambre © Ina, La Sept, MC Le Havre, Cie l'Esquisse, 1988

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La Chambre est une cinédanse réalisée en 1988 par Joëlle Bouvier et Régis Obadia, couple de chorégraphes emblématique du courant de la Nouvelle danse française, qui se développe dans les années quatre-vingt. Le film commence par un plan sur une jeune femme assise au milieu d’une pièce nue, tandis qu’on entend, en off, un extrait de La Vie tranquille de Marguerite Duras :
« Je n'avais plus envie de bouger du tout et cependant, en même temps, j'ai eu envie de m'en aller ou de ne plus les retrouver jamais. (…) Je me suis endormie. »
Alors que le souffle et les gestes de la jeune femme s’accélèrent, huit autre danseuses apparaissent au détour d’un mouvement de caméra, épinglées au mur comme des papillons, provoquant une vision surréaliste. Comme une diffraction de la jeune femme, elles vont l’accompagner à travers un rêve tourmenté, filmé dans un noir et blanc contrasté, modelé par des lumières rasantes sur la matière dans tous ses états.
La jeune femme et ses doubles, dans ce huis clos onirique, sont en effet confrontées à divers déchaînements climatiques : l’orage gronde, le vent souffle et la pluie tombe sur elles, sur les murs et sur le sol terreux qui macule leurs vêtements.
 
La « chambre » qui donne son nom à la cinédanse n’apparaît jamais en tant que telle, et pourtant elle est omniprésente. Tout au long du film, les danseuses évoluent dans un espace mental qui transfigure l’espace domestique du sommeil en ouvrant au rêve et à l’imaginaire. Dans La Chambre s’exacerbent les désirs, au point que se matérialisent les violentes variations d’une météorologie intérieure.