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La galerie Templon, de Daniel Templon

À partir de la fin des années soixante, Daniel Templon et ses galeries occupent une position centrale dans le marché de l'art en France, exposant autant l'avant-garde picturale américaine que l'art vidéo ou la photographie contemporaine.
Notre série estivale consacrée aux galeristes qui ont façonné le marché de l’art depuis la fin du 19e siècle accompagne le parcours Galeries du 20e siècle proposé au sein des collections modernes du Centre Pompidou jusqu’en 2020.
À vingt ans, sans argent ni connaissances en art mais poussé par des amis poètes, Daniel Templon investit la cave d’un antiquaire pour y exposer des artistes français débutants tels que Daniel Buren ou Ben. 
En 1968, il se rend à la documenta, une grande exposition d’art contemporain qui se tient tous les cinq ans à Kassel, en Allemagne. Il y découvre l’avant-garde américaine, les toiles de Jaspers Johns, Robert Rauschenberg et Roy Lichtenstein, et rencontre Leo Castelli, grand marchand d’art dont il deviendra le fils spirituel. Sa voie est tracée, sa passion pour la peinture révélée et son sens des affaires aiguisé. 
En 1972, il créé avec Catherine Millet, sa compagne de l’époque, la revue ArtPress. La même année, il emménage rue Beaubourg dans 300 m² et expose en mélangeant les genres. Des peintures de Frank Stella en passant par les vidéos de Michel Journiac ou les photos de Pierre et Gilles, le foisonnement l’intéresse autant que la rentabilité de certains grands noms et la découverte de jeunes talents. 

Il ne cache d’ailleurs pas ses ambitions financières et a souvent critiqué la France pour sa faiblesse dans l’économie du marché de l’art. Comme le souligne Gérard Garouste, « c’est un marchand qui n’est pas assujetti aux modes. Je crois que cela l’amuse de défier les conventions imposées par les avant-gardes hexagonales ».
Certains diront qu’il semble plus marchand que collectionneur, mais quoiqu’il en soit, depuis cinquante ans, des centaines d’artistes ont été exposés dans ses galeries (deux à Paris, une à Bruxelles) et reconnaissent sa faculté à être toujours debout, « vibrionnant et enthousiaste » selon Claude Viallat.
 
La devanture de la galerie Templon
Entrée de la Galerie Templon, rue du Grenier Saint-Lazare en 2018. Photo : Galerietemplon [CC-BY-SA 4.0] via Wikicommons

Les artistes

Valerio Adami, Jean-Michel Alberola, Arman, Anthony Caro, Daniel Dezeuze, Jim Dine, Jan Fabre, Gérard Garouste, Raymond Hains, Pierre et Gilles, Joel Shapiro, Julian Schnabel, Claude Viallat...

Quelques dates

Février 1945 : naissance à Saint-Amand-Montrond (Cher)
1966 : ouverture de sa première galerie rue Bonaparte
1972 : déménagement de la galerie rue Beaubourg et création de la revue ArtPress
1972-76 : ouverture d’une deuxième galerie à Milan
1986-1992 : création et direction du magazine Artstudio
2013 : ouverture d’une galerie à Bruxelles
2018 : ouverture d’une deuxième galerie parisienne rue du Grenier Saint-Lazare