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Les frontières de la paix 1/4 : France-Allemagne

Un promontoire, fragment de rempart en forêt, trace d'une frontière disparue
Valerio Vincenzo, France-Deutschland, 2007
Ce promontoire qui domine la forêt est en fait le vestige d'une frontière fortifiée située en Alsace. Le photographe, Valerio Vincenzo, nous livre les secrets de fabrication de quatre photographies qui plaident en faveur de la suppression des murs aux frontières, alors qu'une conférence performée met la question à l'honneur à la Bibliothèque publique d'information en novembre 2019. Valerio Vincenzo saisit depuis douze ans l'effacement des barrières entre les pays de l'Union européenne, au sein de la série Borderline, les frontières de la paix. Dans ses images, d'anciennes zones de tension deviennent le symbole de la confiance entre pays et de la liberté de circuler. 
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« Dans cette image on voit, ou mieux, on ne voit pas, la frontière entre la France et l’Allemagne, quelque part dans le bois. Cette photographie est prise depuis le château fort de Fleckenstein en Alsace, une région à l’histoire tourmentée : entre 1850 et 1950, ses habitants ont connu trois guerres et ont changé quatre fois de nationalité.
 
Avec cette photo, prise en 2007, je voulais rendre hommage à un acquis fondamental de la construction européenne, la liberté de circulation. Je ne le savais pas à ce moment-là, mais cette image était l’une des premières d’un projet sur lequel je travaille depuis douze ans. Borderline, les frontières de la paix m’a amené à sillonner l’Europe du Portugal à la Bulgarie, de la Finlande à la Grèce, en zigzaguant le long de plus de 20 000 km de frontières entre pays en paix.
En montrant dans chaque photographie la frontière entre deux pays, j’ai trouvé une clé pour parler des relations entre les nations européennes. Historiquement très conflictuelles, elles sont aujourd’hui placées sous le signe d’une confiance réciproque. Ce changement historique se reflète dans les paysages frontaliers.
 
Le format carré s’est imposé, avec des compositions construites à partir du centre de l’image. J’aime aussi la contradiction entre cette forme carrée, qui fait plutôt référence à l’enfermement, et les paysages qui évoquent la liberté.
Cette incohérence, c’est précisément celle qui existe entre les atrocités qui ont été commises au nom de ces frontières,  et l’apparence presque ennuyeuse de ces paysages aujourd’hui. Rien ne se passe dans mes photos, et c’est justement là le sujet. »

Valerio Vincenzo
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