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Les frontières de la paix 2/4 : Suisse-Italie

La frontière enneigée entre Suisse et Italie
Valerio Vincenzo, Switzerland-Italia, 2008
Un fil tendu sur quelques poteaux : nous sommes à la frontière entre la Suisse et l'Italie. Le photographe, Valerio Vincenzo, nous livre les secrets de fabrication de quatre photographies qui plaident en faveur de la suppression des murs aux frontières, alors qu'une conférence performée met la question à l'honneur à la Bibliothèque publique d'information en novembre 2019. Valerio Vincenzo saisit depuis douze ans l'effacement des barrières entre les pays de l'Union européenne, au sein de la série Borderline, les frontières de la paix. Dans ses images, d'anciennes zones de tension deviennent le symbole de la confiance entre pays et de la liberté de circuler. 
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« Nous sommes à 3 899 mètres d’altitude, au niveau des nuages, près de Zermatt. La Suisse est à gauche et l’Italie à droite. Le fil rouge, qui sépare avec légèreté les deux pays, n’a pas été installé pour délimiter la frontière mais pour empêcher les skieurs de tomber dans le ravin du côté italien.
 
J’aime beaucoup cette image pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle synthétise ma démarche sur le terrain : m’éloigner le plus possible du sujet, prendre du recul, tout en essayant d’élaborer la composition la plus simple possible.
Ensuite, j’aime l’illusion optique créée par la position du poteau en premier plan qui, en frôlant les nuages, « aplatit » l’image. Cela donne une image bidimensionnelle,  presque surréaliste, on dirait un collage. Cette dimension de l’image éloigne le spectateur du lieu physique pour l’amener sur un terrain plus abstrait. Mon travail explore la notion même de frontière, plus que les singularités de chaque lieu.
 
La frontière entre ces deux pays a une particularité : basée sur la ligne du partage des eaux, elle se déplace à cause de la fonte des glaciers. Pour cette raison, depuis 2009, la Suisse et l’Italie ont décidé d’adopter un principe peu commun dans le droit international : celui de frontière mobile. Tous les ans, chacun perd ou gagne du territoire. Cette situation ne crée pas de tensions pour une simple raison : ces nations se font confiance. »

Valerio Vincenzo
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