Appartient au dossier : Le partage de l’eau
Bien commun ou or bleu ?
L’eau est traditionnellement considérée comme un bien commun, un don de la nature ou de dieu, un patrimoine de l’humanité non susceptible d’appropriation privée et soumis à une gestion et un contrôle public national. Mais depuis une trentaine d’années, dans un contexte de pénurie et en raison du coût du traitement de l’eau, l’eau a tendance à devenir une marchandise contrairement à la lumière du soleil et à l’air.
Cette nouvelle conception est préconisée par des organismes à vocation économique comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, l’OCDE et le Conseil mondial de l’eau.
À l’inverse, les ONG et l’Unesco préconise la non-marchandisation de l’eau considérée comme « un bien public » mondial ou régional (et donc parfois supranational).
Publié le 29/11/2011
Sélection de références
Gouvernance de l'eau : intercommunalités et recomposition des territoires
Marguerite Boutelet, André Larceneux et Aleksandra Barczak (dir)
Ed. universitaires de Dijon, 2010
La gestion de l’eau est, en France, sous la responsabilité des autorités locales, communes ou syndicats techniques intercommunaux, tout en étant fortement encadrée par la loi et des directives européennes d’une part, et par l’action des agences de bassins d’autre part. L’action consistant à distribuer à tous une eau potable de qualité a été complétée depuis trente ans par la volonté de préserver les milieux aquatiques.
À la Bpi, niveau 3, 912 GOU
La Ruée vers l'eau
Roger Cans
Gallimard, 2001
L’ouvrage du journaliste Roger Cans est, dans sa première moitié, une source d’informations d’une grande richesse en matière de traitement et de distribution des eaux. On y trouve de nombreuses données chiffrées particulièrement intéressantes (par exemple, le prix du m3 d’eau en France qui varie de 4,80 à 33,90 F) et quelquefois surprenantes (par exemple, la surabondance d’apport d’eau en irrigation n’améliore pas forcément les rendements en maïs).
À la Bpi, niveau 3, 912 CAN
Le Dossier de l'eau : pénurie, pollution, corruption
Marc Laimé
Éd. du Seuil, 2003
Ce dossier n’aborde pas la question de l’eau que sous l’angle des scandales. Il est vrai que la France, qui a donné naissance à deux sociétés surpuissantes en la matière, détient une responsabilité particulière et pratique à l’intérieur de ses frontières et hors de celles-ci une corruption mortifère. Mais le livre de Marc Laimé est plus ambitieux que la chronique des frasques et rackets de Vivendi et autres. Il part d’un constat mondial : paradoxalement à l’aube du 21e siècle nous connaissons une situation de pénurie d’eau comparable à ce que vécut l’humanité au début du XIXe siècle. 15 millions d’êtres humains périssent annuellement pour cette raison. Le dossier de l’eau n’est donc pas simplement un dossier économico-judiciaire, c’est une affaire de démocratie, de respect global de l’environnement et de survie des plus démunis à travers la planète. En France et à l’étranger des milliers d’associations sont extrêmement actives sur la question ; elles vont trouver leur bible dans le livre de Marc Laimé. A la Bpi, niveau 3, cote 912 LAI
L'Eau : pour une culture de la responsabilité
Antoine Frérot
Autrement, 2009
Après un constat alarmant, Antoine Frérot attaque deux bonnes idées : « la gratuité de l’eau et le paiement complet par l’abonné » et défend « le juste milieu : un prix de l’eau socialement abordable.
À la Bpi, niveau 3, 912 FRE
L'Eau comme fait social : Transparence et opacité dans la gestion locale de l'eau
Corinne Berger, Jean-Luc Roques
L'Harmattan, 2005
Ce livre propose de montrer qu’avant d’être une oeuvre de génie civil, la gestion de l’eau est surtout une construction sociale. Dimension trop souvent oubliée. Ce livre montre comment l’eau s’immisce dans les conflits d’intérêt, dans les oppositions de force, et est aussi un instrument de résistance. Sa gestion reste un objet de pouvoir sur les sujets, leurs activités et leurs imaginaires. Si partager l’eau c’est partager le pouvoir, posséder l’eau c’est aussi posséder son pouvoir.
À la Bpi, niveau 3, 912 BER
L'Eau comme patrimoine : dela Méditerranée à l'Amérique du Nord
Ella Hermon
Presses universitaires de Laval, 2008
Cette publication inscrit la gestion de l’eau dans le champ d’étude du patrimoine culturel. L’ampleur de sa perspective, tant historique que spatiale de l’Antiquité à nos jours et de la Méditerranée à l’Amérique du Nord, démontre comment les générations antérieures ont régi cette ressource naturelle indispensable à l’existence et au développement des sociétés. Ce volume souligne ainsi la pertinence de cet héritage culturel pour les pratiques modernes de la gestion de l’eau, dans des conditions de pénurie et de dégradation environnementale.
À la Bpi, niveau 3, 912 EAU
L'Eau des villes : aux sources des empires municipaux
Pflieger, Géraldine
Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009
La maîtrise des sources, le pompage des lacs et rivières ou l’élargissement de la distribution relèvent d’un pan méconnu de l’histoire de la Suisse et de ses villes. Les municipalités, pour créer leur réseau d’eau, l’étendre et s’assurer des revenus confortables, ont agi en concurrence, parfois épique, avec les entreprises privées et l’Etat.
À la Bpi, niveau 3, 913.31(490) EAU
L'Eau mondialisée : la gouvernance en question
Graciela Schneier-Madanes (dir)
La Découverte, 2010
Le « rés-eau-ville » du CNRS, atelier pluridisciplinaire relie la gestion de l’eau au processus de la mondialisation, à travers une suite d’exemples nationaux, régionaux et locaux sur les quatre continents. Il prend en compte la dynamique des forces sociales (usagers, collectivités territoriales, ONG, technocraties nationales et internationales…) pour réunifier les différentes thématiques du champ de l’eau : réseau, ressource, service public, marchandise, bien collectif, droit à l’eau) dans la perspective d’une prise en charge collective d’un accès à l’eau du plus grand nombre.
À la Bpi, niveau 3, 912.68 SCH
l'Or bleu
Damien de Pierpont
Need Productions [éd.] ; Adav [distrib..], 2007
Au Maroc, l’Etat distribuait plus ou moins gratuitement l’eau potable. Mais, avec le développement du tourisme (constructions immobilières, terrains de golf) et la sécheresse, les oliveraies des petits paysans disparaissent et les campagnes se désertifient. La distribution de l’eau, assurée jusqu’ici par une Régie d’Etat est peu à peu confiée à la filale locale d’une des deux plus grandes multinationales, d’origine française.
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