Publié le
30/12/2019
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Sergueï Loznitsa à la recherche de l’accord sonore

La master classe « La fabrique des sons », organisée à la Bibliothèque publique d’information en juin 2018, donne la parole au réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa, qui s'exprime sur son rapport au son et l’usage poétique et lyrique qu’il en fait dans ses films.

Dans les films de Sergueï Loznitsa, le son est à la fois vif, rude et léger. Cette gamme de sons prépare les spectateurs à recevoir des images du quotidien à la campagne ou sur un chantier. Dans Aujourd’hui nous construisons une maison, par exemple, le bruit d’une grue se mêle à celui d’une berceuse. Selon lui, « le montage de l’image relève de l’attraction alors que le montage du son donne du sens au tout ». Il considère que le son n’est pas lié à l’image littéralement, c’est un élément du jeu à l’intérieur du film.
Sergueï Loznitsa cherche à donner une certaine intonation à ses films grâce à une gamme d'accords sonores : la forme et la fréquence des sons sélectionnés sont importantes pour construire un rapport singulier aux images. Dans La Lettre, documentaire tiré du récit d’une personne ayant séjourné dans un asile, il emploie le bruit de la foudre comme transition entre les plans. Ce montage est inspiré d’un vers tiré d’un poème de Boris Pasternak : « le tonnerre durant la nuit a fait cent photos merveilleuses ». 
Sergueï Loznitsa crée des atmosphères à partir d'un entrelacs de sons préenregistrés (cris, rires, bruits de rue...). Dans Le Jour de la victoire, le réalisateur utilise par exemple des cliquetis de médailles militaires et des bruits de bottes frappant le sol pour la marche de soldats.

 
 
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