Dossier

Cinéma - Politique et société

Le cinéma poétique des pays baltes

La poésie est au cœur de l’approche esthétique des cinéastes des pays baltes. À l’occasion du cycle « Poétiques baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie », une programmation de la Cinémathèque du documentaire par la Bpi qui se termine le 15 mars 2026, Balises consacre un dossier aux réalisateurs et réalisatrices letton·es, lituanien·nes et estonien·nes.

Leopolds Elksnis, Stage of Gada reportāža, 1965 © Nationalas kino centrs/Ivars Seleckis

Contrainte par l’occupation soviétique et soucieuse d’affirmer ses propres particularités, la génération des cinéastes baltes des années 1960-1990 se démarque en filmant le sensible, la nature, la vie, comme le souligne Arnaud Hée, programmateur du cycle « Poétiques baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie » :

« La poésie réside aussi largement dans l’agencement des images et des sons en s’intéressant aux figures de style, à la symbolique, et bien sûr à la rythmique. […] L’idée poétique rime avec l’idéal d’un cinéma qui ne serait rien d’autre que du cinéma, en dehors des discours et pratiques qui peuvent parfois l’encombrer et le scléroser. »

Arnaud Hée, film-documentaire.fr

Dans leurs documentaires, les cinéastes des pays baltes saisissent avec sensibilité la poésie des éléments, le vent, l’eau, la neige, l’envol d’un oiseau. La mer joue un rôle central dans la filmographie de Mark Soosaar, qui a filmé la vie quotidienne des habitants et des habitantes de l’île de Kihnu, mais aussi dans celle du Letton Aivars Freimanis. Ce dernier porte une attention particulière aux paysages maritimes, aux gestes des pêcheurs récupérant les poissons pris dans les filets, aux remous des vagues, au travail agricole dans les champs. Le réalisateur lituanien Audrius Stonys propose, de la même manière, un cinéma contemplatif sur les hommes et les femmes, les paysages, transformés par le temps qui passe.

Les réalisatrices redoublent d’inventivité et de stratégie pour se faire une place dans le cinéma balte et adoptent des approches plurielles du monde qui les entoure, du réel. L’Estonienne Leida Laius, par exemple, s’intéresse aux liens familiaux, à la condition d’épouse et de mère, et propose un cinéma de l’intime, tandis que la Lettonne Laila Pakalnina, « Maîtresse dans l’art du cadrage », s’appuie sur le surcadrage et la bande-son pour magnifier le mouvement de la vie. Des organismes comme Meno Avilys réhabilitent par le cinéma d’archive une histoire différente du cinéma, qui a son langage propre.

Plus d’informations sur le cycle : « Poétiques baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie »

Publié le 19/01/2026 - CC BY-SA 4.0

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