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51% des parisiens vivent seuls

Depuis les années 2010, la capitale de la France affiche un nombre record de personnes occupant seules leur logement. Cette tendance démographique se retrouve dans d'autres métropoles françaises. La vie de couple n'a-t-elle plus la cote en ville ?

Quelques données démographiques

À Paris, plus d’un ménage sur deux est composé d’une seule personne (50,7 %, Insee, 2015), une constante depuis 2010. La famille, définie par l’Insee comme un ménage composé d’au moins deux personnes, n’est donc pas la composante majeure de la capitale, pas plus qu’elle ne l’est pour les autres grandes villes (autour de 45 % de célibataires). Au niveau national, la proportion de célibataires et moindre : 35 %. Pour compléter le tableau, Paris a perdu 37 345 habitants entre 2010 et 2015, soit 1,66 % de la population.

Étudier les familles parisiennes

Selon l’APUR (Atelier parisien d'urbanisme), Paris est un « laboratoire des transformations familiales ». Il est donc important d'analyser les modifications de sa population qui finiront par gagner le reste du territoire.

L’APUR et la Ville de Paris avancent plusieurs arguments contribuant à la raréfaction des familles : une population vieillissante et un âge plus tardif des mères à la naissance que la moyenne nationale. La difficulté à se loger en raison des coûts ou de la disponibilité des logements influe également sur la répartition de la population. Par exemple, les naissances sont plus nombreuses dans les quartiers populaires et les périphéries, voire la banlieue, zones dans lesquelles le coût locatif est moins onéreux.

Un cycle entre ville et zone péri-urbaine

Le démographe Hervé Lebras observe un mouvement cyclique entre la périphérie et le centre des métropoles en fonction des tranches d'âge, de la composition de la famille et des revenus. La majorité des enfants de moins de 5 ans et leurs parents élisent domicile en périphérie des grandes villes pour un meilleur confort de vie. Mais quand l’enfant arrive à l’âge de 15-19 ans, la proportion s’inverse et un retour vers la ville s’opère. Au moment des études supérieures, l’attractivité des villes universitaires est très forte et perdure jusqu'à 30-34 ans. À partir de la tranche d’âge 35-40 ans, les habitants devenus parents s'installent en périphérie et l’on revient à la situation initiale correspondant à la répartition des enfants de moins de 5 ans. L'illustration par la cartographie est parlante : les centres-ville sont « vidés » de leurs jeunes enfants au profit de leur banlieue.

Cependant, si les villes ne sont pas attractives pour les jeunes parents, elles sont devenues le passage obligatoire des jeunes gens jusqu’à l’âge de la parentalité. Reste à leur donner les moyens d'y vivre dans des conditions décentes et d’y rester après la naissance de leurs enfants. 


Hervé Le Bras : « Les enfants des villes : poids et mesures », à Dunkerque (2014)
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