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Amazonie, un eldorado fragile

Les préoccupations écologiques exprimées par les acteurs internationaux devant le pillage de l'Amazonie peuvent passer pour des préoccupations d'hommes riches défendant ce que certains nomment à tort le poumon vert de la planète. Cette fonction est en fait exercée par les océans et les géographes font un lien entre la défense des écosystèmes fragiles et menacés et les enjeux sociaux cristallisés par l'avancée des fronts pionniers qui colonisent d'est en ouest et du nord au sud l'Amazonie.
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Paysage d'Amazonie à l'ouest de Manaus [CC-By-SA 2.0] via Wikimédia commons
Les fronts pionniers profitent d'abord aux gros propriétaires de fazendas, ennemis traditionnels des paysans dans les zones rurales, aux spéculateurs fonciers, aux mafias et aux lobbies extractivistes. La forêt est privatisée au profit des entreprises étrangères : cinq millions et demi d'hectares sont la propriété d'étrangers !  L'installation des paysans sans-terre venant des régions pauvres et peuplées comme le Nordeste brésilien et la Sierra andine permet de faire l'économie d'une réforme agraire dans leurs régions d'origine. Les autochtones, abusivement appelés indiens, défendent leurs terres, leurs fleuves et leurs modes de vie.

Le combat écologique s'est allié dès les années 1980 aux combats syndicaux et autochtones et cette alliance originale, novatrice a trouvé une audience mondiale en 1992 au Sommet pour la Terre de Rio.

Les pouvoirs publics locaux ont ainsi été contraints de créer des aires protégées, des territoires indigènes ainsi que des corridors écologiques pour protéger la forêt : Protéger les populations  pour protéger la forêt et vice et versa. Même si l'équivalent d'une forêt landaise part en fumée chaque année à cause du défrichement et de l'urbanisation et avec elle des espèces végétales inconnues, l'Amazonie brésilienne est devenue un véritable laboratoire où est testée à petite échelle la gestion durable des territoires.

D'un côté on assiste à une exploitation à court terme, de l'autre à la gestion à long terme des ressources naturelles avec une multiplication des luttes contre les barrages comme celui de Belo Monte, contre le tracé des grandes routes transamazoniennes, contre les pollutions pétrolières... avec parfois des victoires des Indiens soutenus par des ONG. Les derniers présidents  du Brésil, Lula da Silva et Dilma Rousseff ont un positionnement ambigu : ils sont pour une croissance économique rapide et s'appuient sur les grands groupes d'agro-business qui  font rentrer les devises. Le Brésil a ravi en 2011 le sixième rang des pays les plus puissants à la Grande-Bretagne. Marina Silva, ministre de l'environnement a démissionné en 2008. Les gouvernements démocratiques des autre pays amazoniens apparus à la fin des années 1980, sont confrontés au même dilemme : Développement ou durabilité ?
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