0   Commentaires
Image
Appartient au dossier :
Publié le

Climat et utopie : Masdar, la cité expérimentale

Les Al Bahr Towers à Masdar
Al Bahr Towers by AEDAS, par Inhabitat [CC BY-NC-ND 2.0] via Flickr, 2014
La tenue de la COP21 à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, nous invite à penser les lieux de l’engagement écologique. Penseurs et artistes se sont projetés dans un monde meilleur, souvent en imaginant une cité idéale. De l’utopie de Thomas More aux villes nouvelles de Niemeyer ou de Le Corbusier, la ville cristallise les préoccupations de son temps - politique dès l’antiquité, égalitaire au 20e siècle, écologique aujourd’hui.
Alors, à quoi ressemblera la ville de demain ?
Au sud du golfe Persique, à proximité d’Abu Dhabi, un gouvernement s’est donné une ambition qu’aucune autre nation n’a osé former : construire de toute pièce la première ville à empreinte carbone nulle, qui ne produise pas de déchets.

La construction de Masdar - « la source », en arabe - a commencé en 2008 et se poursuivra jusqu’en 2030. Cette oasis futuriste se veut être une expérience, un champ où tester à grande échelle technologies propres et projets d’énergie renouvelable. A Masdar, l’architecture traditionnelle se mêle aux panneaux photovoltaïques, aux toits végétalisés et aux modes de transport inventifs. De la centrale solaire aux fermes d’éoliennes, nombreux sont les projets qui trouvent leur place dans cette « éco-cité » solaire.

L’un des principaux enjeux de construction de Masdar a été de trouver un matériau qui isole de la chaleur (les températures extérieures atteignent souvent les 50°C), tout en laissant filtrer la lumière. Ingénieurs et architectes se sont inspiré de pratiques ancestrales et ont utilisé la plus importante ressource de la région pour édifier les bâtiments : le sable. Des experts ont ensuite créé un matériau unique composé de béton et de verre. Sur les façades, des persiennes permettent de répondre à la double contrainte d’illuminer naturellement l’intérieur des bâtiments tout en les isolant de la chaleur.

Au fil des années, le projet grandiose de Masdar s’est concrétisé. Des logements, bureaux et commerces à haute efficacité énergétique sont sortis de terre. Mais, malgré son caractère futuriste et novateur, la ville peine à attirer de nouveaux habitants et se compose essentiellement d’étudiants du Masdar Institute, le pilier technologique de la ville.

Stratégie marketing pour les uns, projet visionnaire pour les autres, Masdar offre aux chercheurs une occasion unique de tester de coûteux projets grandeur nature. Si son modèle de développement est contestable, il n’en demeure pas moins un ambitieux exemple d’innovation, mû par la quête d’un monde meilleur.


Voir le reportage : Masdar City, une ville solaire au coeur du désert
Auteur :
Captcha: