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Claude Simon : une oeuvre nourrie de souvenirs

Né en 1913 à Madagascar, fils d’un officier de carrière, Simon a vécu les événements historiques de la première moitié du siècle, souvent douloureusement. Son oeuvre est nourrie de souvenirs et d’histoires de sa famille.
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Les tantes dans leur jardin aux Planches d'Arbois, coll. particulière

Enfance

Les parents de Simon

Le capitaine Simon meurt au front en 1914, sa veuve en  1925.  L’histoire de leur amour fait en partie la matière d’Histoire (1967).
 
Photographie des parents de Claude Simon
Les parents de Claude Simon un an avant sa naissance, coll. particulière

 Sur la photo ci-dessus :
Le capitaine : Louis Antoine Simon, capitaine de l’infanterie coloniale, sortait  d’une famille de paysans du Jura.
La femme assise : Sa femme, Suzanne Denamiel appartient à une famille bourgeoise de tradition militaire depuis longtemps établie à Perpignan.

 La famille maternelle

Simon a une petite enfance choyée.
 
Claude Simon et sa nourice
1913,Claude Simon et sa nourrice 
Claude Simon en uniforme au collège Stanislas
1925, Claude Simon en uniforme du collège Stanislas, coll. particulière
 

 Avant de mourir, la mère de Simon l’envoie en pension au Collège Stanislas à Paris. Simon se détache tôt de la foi que lui enseigne ce prestigieux collège catholique. Sa révolte perce dansHistoire,  L’Acacia (1989) et Le Jardin des Plantes (1997). Il commente : « Etudes secondaires dans cet établissement religieux à la discipline sévère, mais délivrant un bon enseignement ».

La famille paternelle

Enfant, Simon passe des vacances heureuses chez ses tantes Simon à Arbois. Elle s’étaient sacrifiées pour favoriser la carrière de leur frère. Simon est attiré par leurs valeurs laïques et républicaines. Dans L’Herbe (1958), il décrit avec émotion l’agonie de sa «tante Mie».
 
Les tantes dans leur jardin aux Planches d'Arbois
Les tantes dans leur jardin aux Planches d'Arbois, coll. particulière
 
 

Une jeunesse oisive

 
Simon avec deux compagnons à Barcelone
Simon avec deux compagnons à Barcelone, 1936, coll. particulière



Dans les années 30, Simon suit une formation de  peintre et pratique un peu la photographie. Il voyage à travers l’Europe. Il aide à faire passer clandestinement une cargaison d’armes en Espagne, mais il manque, dit-il, de « véritables convictions ».

Sur la photo ci-contre :
Simon (à  droite)  à Barcelone en 1936. 
Des souvenirs de Barcelone en ébullition reviennent dans La Corde raide (1947), Le Palace (1962) et Le Jardin des Plantes (1997).
 

La guerre

Simon est profondément marqué par la débâcle de 1940. Son escadron, envoyé à cheval contre les avions et les chars Nazis, est massacré dans une embuscade  et son colonel abattu devant lui par un tireur isolé. Ci-dessous, une esquisse pour La Route des Flandres (1960) des errances de «Georges» avec son colonel et quelques cavaliers après le massacre de leur escadron. Simon reprend cet épisode dans Histoire, L’Acacia et Le Jardin des Plantes.




Plan des errances de Georges dans La Route des Flandres. Chancellerie des Universités de Paris, Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Paris.
 

Les ancêtres

 Claude Simon devant le portrait de son ancêtre
 Claude Simon devant le portrait de son ancêtre, coll. particulière



Des portraits d’ancêtres ornent les murs de la maison familiale à Perpignan.
Dans La Route des Flandres Simon exploite le souvenir de ce portrait pour décrire un général révolutionnaire qui se serait suicidé.
 
Dans Les Géorgiques (1981) Simon fait revivre un autre ancêtre du côté maternel, Jean-Pierre Lacombe Saint-Michel, Conventionnel et général dans les guerres révolutionnaires et sous l’Empire. En parallèle, il décrit sa propre expérience de guerre et de vie militaire  en 1939, et celle de George Orwell en Espagne en 1936-37. 

Claude Simon s’inspire  de ce portrait pour décrire « le corps enfermé dans la tunique cette fois sévèrement agrafée, rigide à force de broderies et de dorures » (Les Géorgiques, Minuit, p. 62-63).

 
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