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Écrire en immersion : les preuves du réel

Dans le cadre du festival « Effractions », Balises vous propose de découvrir quelques romans qui réinventent le récit en immersion, à l’heure où les nouvelles technologies transforment le rapport au réel et où l’objectivité de l’écrivain est remise en question.
Séjour sur le terrain, recueil de témoignages, dépouillement d’archives... Du Naturalisme au Nouveau Journalisme, les écrivains ont élaboré des méthodes pour s’immerger au cœur de situations ou de groupes sociaux afin d’en tirer des œuvres aussi fidèles à la réalité que possible. Ces approches sont aujourd’hui remises en question par des auteurs attentifs à inventer de nouvelles démarches documentaires et à redéfinir les fonctions du récit et la place de l’écrivain dans les romans du réel.

Emmanuel Carrère devient une figure tutélaire des nouvelles formes de récit en immersion en écrivant L’Adversaire (2000), roman dans lequel il se met lui-même en scène en tant qu’auteur-enquêteur. Renouvelant la recherche documentaire, Charlie Buffet s’immerge quant à lui dans les nouvelles technologies en adossant La Vérité sur Robinson et Vendredi (2014) à de longues heures de navigation sur Internet, tandis que Christine Montalbetti questionne des archives vidéo pour conter une mission spatiale dans La Vie est faite de ces toutes petites choses (2016). De son côté, Joseph Andras propose, avec Kanaky (2018), une réflexion sur l’histoire, en partant collecter des témoignages qui livrent un regard singulier sur Alphonse Dianou, indépendantiste kanak. Son objectif, à rebours des discours officiels : transmettre la parole des vaincus.