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Le prix de la page 111 : le plus absurde

Comme son nom l’indique, le prix de la page 111 repose sur l’idée quelque peu loufoque de juger les livres de la rentrée littéraire en prenant seulement en compte leur cent-onzième page. Une solution intéressante face à l’impossibilité de lire les quelques 600 nouveautés qui déferlent chaque année…
Prix de la page 111 -logoLancé en 2012 par sept personnalités du monde du livre proches de Radio Nova, ce prix fut vite mis en concurrence avec celui de la page 112, créé la même année. On faillit en venir aux mains… Mais depuis, le prix de la page 112, devenu plus conventionnel, s’intéresse à la rentrée de janvier et cherche à récompenser un ouvrage “remarquable de la première à la dernière page”. Alors que les jurés du prix de la page 111, fidèles à leur vocation, continuent obstinément à ne prendre en compte qu’une page pour juger de la qualité d’un ouvrage - considérant que cette fameuse page 111 peut faire oeuvre à elle seule.

On pourra en débattre, mais force est de constater que les bons romans ont souvent d’excellentes pages 111, puisque parmi les lauréats, depuis 2011, figurent des textes aussi notables que Terminus radieux d’Antoine Volodine ou Achab (séquelles) de Pierre Senges. L'un comme l'autre défendent une vision de la littérature résolument exigeante du point de vue de la langue, ce qui explique sans doute que n'importe quelle page de leurs livres puisse convaincre d'emblée, et sans le moindre contexte, un jury d'amateurs de beaux styles.

Cette année, l’heureux élu s’appelle Jacky Schwartzmann. En plus du prix, il remporte - c’est une nouveauté - 111 centimes d’euros. Avec ses dialogues à la Audiard et sa vision cynique du monde de l’entreprise, son roman Mauvais coûts lui a valu d’être comparé à Houellebecq, avec une dose d’humour cinglant en plus.
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