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Le prix Wepler : le plus exigeant

La réputation du prix Wepler n'est plus à faire. Malgré sa notoriété croissante, qui en fait un des dix prix les plus recherchés par les éditeurs, ce prix a su garder depuis 1998 une identité forte, toujours au service de la littérature la plus ambitieuse.
Prix Wepler 2016 - afficheLancé à l’initiative de la librairie des Abbesses, soutenu financièrement par la Fondation la Poste, le Prix Wepler est sans doute le plus connu et le plus institutionnalisé des six prix présentés dans ce dossier. Mais son fonctionnement particulier, défendu farouchement par ses créateurs, lui permet de conserver une fraîcheur indéniable. Car le jury du Wepler ne saurait tomber dans la routine : chaque année, cette assemblée constituée de lecteurs passionnés et de professionnels du livre est entièrement renouvelée. Une seule constante : rechercher tous les ans un livre qui fait honneur à la littérature, qui, par sa structure ou sa langue, soit à même de surprendre et de secouer le lecteur. Le lauréat se voir récompensé par un chèque de 10 000 euros, tandis qu'une mention spéciale du jury, souvent décernée à un auteur débutant, est quant à elle, dotée de 3 000 euros.

Le prix Wepler est désormais connu comme une sorte d'antichambre des grands prix,  ses jurys successifs ayant souvent primé des auteurs désormais reconnus avant que leur nom soit sur toutes les lèvres - ainsi de Laurent Mauvignier, d’Eric Chevillard ou d’Olivia Rosenthal. Parmi les nombreux lauréats de valeur, on peut également noter, en 2014, le splendide roman-labyrinthe de Jean-Hubert Gailliot, le Soleil, véritable odyssée d’un homme lancé à travers l’Europe sur les traces d’un manuscrit surréaliste disparu.

Pour cette édition 2016, c’est un auteur plus installé qui a eu les faveurs du jury : Stéphane Audeguy, auteur de la Théorie des nuages et Rom@, se voit ainsi couronné pour Histoire du lion Personne, l’épopée d’un lion parti d’Afrique pour atterrir, à la veille de la Révolution, parmi les bêtes de la Ménagerie du Roi. Aussi marquant sinon plus, la mention spéciale échoit au primo-romancier Ali Zamir pour Anguille sous roche, roman plein de souffle écrit en une seule phrase, dont la langue heurtée et profondément personnelle a séduit bien des critiques.
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