Publié le
08/11/2019
Vidéo
Appartient au dossier :

Comment revenir aux racines de la démocratie ?

Les mouvements de revendications actuels comme les Gilets jaunes ou Extinction Rebellion remettent la question du local au centre de la démocratie participative. La rencontre « Local, régional, national : comment et à quel niveau participer ? », organisée à la Bibliothèque publique d’information en septembre 2019, permet de se demander comment relocaliser la démocratie.


Pour Alexis de Tocqueville, philosophe et homme politique du 19e siècle, « le village est l’école de la démocratie ». Les habitants y exercent leur contre-pouvoir et apprennent le métier de citoyen. L’équilibre de la démocratie repose sur cet engagement. Au cours du 19e siècle, l’État-nation devient le seul lieu notable d’expression citoyenne. L’idée démocratique se résume à l’élection et au processus de représentation. De nouvelles expériences démocratiques émergent au début du 21e siècle, comme le mouvement social des villes en transition, qui impliquent leurs habitants sur les questions sociétales et environnementales. Loïc Blondiaux prend l’exemple de Loos-en-Gohelle et de Saillans. Il cite le théoricien Murray Bookchin, penseur principal du courant municipaliste libertaire. « C’est dans la gestion des communs à l’échelle locale et dans la fédération de ces communautés que réside l’avenir de nos sociétés. » 

Selon Elisabeth Dau, directrice analyse et intelligence collective, la notion de municipalisme libertaire est un « néo-municipalisme » qui remet en question la structure pyramidale de l’État-nation pour la repenser de manière ascendante. C’est un mouvement trans-local d’autonomie relationnelle qui émerge en Pologne, en Croatie, en Espagne... Elle donne l’exemple des réseaux de fearless cities où les villes en transition se relient à des villes sanctuaires, des villes refuges. « La communauté locale se fait par le milieu de vie et par la proximité », précise-t-elle. Des entités fédérées se constituent par le bas via cette nouvelle forme de pouvoir local. Abdullah Öcalan, membre du PKK, s’est inspiré du municipalisme pour initier le confédéralisme démocratique dans la région du Rojava au Kurdistan. 

Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, parle de son projet de ville où se confrontent des visions d’experts, d’habitants et d’élus. « Une pratique démocratique impliquante doit se baser sur des cas concrets », selon lui. Il travaille sur le concept d’« habitant acteur » selon lequel les citoyens discutent avec les élus de la mise en place des politiques publiques.


Rencontre organisée dans le cadre du cycle « Démocratie participative »

À retrouver sur la WebTV / WebRadio


Auteur :
CC BY-NC-SA 4.0