Questions/Réponses
Appartient au dossier :

Quels pays sont les bons et les mauvais élèves de la transition énergétique ?

Un utilisateur d'Eurêkoi, service de réponses et recommandations à distance assuré par des bibliothécaires, souhaiterait connaître les pays les plus engagés dans la transition énergétique. Il s'interroge sur l'existence d'un classement. Les bibliothécaires de la bibliothèque publique d'information lui répondent.
éoliennes
Éolienne et tournesols. Photo by Gustavo Quepón via Unsplash [CC0]
La transition énergétique est l'un des volets de la transition écologique. Elle désigne une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l’énergie, comme l’indique l’encyclopédie collaborative Wikipédia dans l’entrée consacrée à ce sujet. L'enjeu de cette évolution consiste à limiter l'impact environnemental provoqué par l'extraction et la consommation des énergies fossiles telles que le charbon, le pétrole ou le gaz naturel, en repensant les modes de consommation et en utilisant des énergies plus propres ou renouvelables, comme celles issues des panneaux solaires ou des éoliennes.

Le classement par la banque Edmond de Rotschild

La banque privée suisse Edmond de Rotschild a publié, en mars 2019, une étude menée par l’économiste Lisa Turk sur la transition énergétique. Largement reprise dans les médias, son compte-rendu dresse une liste des pays les plus avancés dans le domaine. 

Ce classement est fondé sur quatre éléments :
  • la consommation d’énergie par personne ; 
  • les émissions de CO2 par personne ;
  • la part de la consommation d’énergies fossiles dans la consommation d’énergie totale ;
  • l’efficience énergétique ou le rapport entre produit intérieur brut et quantité d’énergie consommée, qui permet de mesurer les efforts des pays pour réduire leur empreinte énergétique pour un service égal rendu.
Les chiffres pris en compte pour cette étude sont ceux de l’année 2017.

La tête du classement est composée de : 
 
  • la Suisse : Des mesures politiques fortes mêlent réglementation coercitive et mesures incitatives de soutien des actions en faveur des énergies renouvelables ou de l’efficience énergétique. Une politique favorable à la recherche et au développement dans le domaine énergétique a permis de réduire la part des énergies fossiles dans le mix énergétique national, avec une moyenne de 50,5 % contre 85,1 % dans les autres pays du monde. La population a également pris conscience de l’importance des enjeux environnementaux.
    Le site du Département fédéral des affaires étrangères de Suisse présente la stratégie énergétique de la Suisse ; 
     
  • la Colombie : Le pays a une consommation d’énergie primaire par personne sensiblement plus faible par rapport aux autres pays du monde, avec 869 kg d’énergie primaire par personne contre 1 794 kg en moyenne dans le reste du monde. Ses émissions de CO2 sont également faibles grâce au réseau de centrales hydroélectriques développé de manière volontaire depuis quarante ans et à l’utilisation notable de biocarburants dans le secteur des transports ; 
     
  • la Suède : Comme la Suisse, elle a développé une politique volontariste, combinant incitations et taxations. Elle a diminué de manière notable son recours aux énergies fossiles qui, en 2017, représentaient 32,6 % des ressources utilisées pour la consommation d’énergie primaire contre 42,6 % dix ans auparavant. Le recours croissant à l’hydroélectricité est permis grâce au vaste littoral dont dispose le pays. L'énergie issue de la biomasse est elle aussi exploitée.
    L'article « La Scandinavie, un modèle de transition énergétique ? » de Bernadette Mérenne-Schoumaker, Géofluences, mars 2019, commente la politique et les résultats des pays scandinaves dans le domaine de la transition écologique.

En fin de classement, on trouve les Émirats arabes unis, Singapour et le Qatar. La raison de leur présence en fin de classement n’est pas indiquée.
 

Le classement par le Forum économique mondial

Le rapport Fostering Effective Energy Transition 2019 (en anglais) du Forum économique mondial, publié lui aussi en mars 2019, propose un classement différent. La Suède est première, suivie par la Suisse, puis la Norvège.

Dans ce rapport, c’est le l’Energy Transition Index (l’indice de transition énergétique ou ETI), sur ces cinq dernières années, qui est calculé. Sur cette base, le constat de stagnation de la transition énergétique dans le monde est posé.
Les critères d’étude portent à la fois sur l’efficacité actuelle et la projection dans la transition énergétique. Ils sont plus nombreux que dans la première étude citée et peuvent expliquer les variations dans le classement.
Retrouvez tous les critères et le décryptage de ce rapport dans « Forum économique mondial 2019 : bilan sur la transition énergétique»  sur le site web quelleenergie.fr.

Voir aussi : « Transition énergétique : la planète marque le pas » de Dominique Pialot dans La Tribune (France), n°. 6652, 26 mars 2019. 

Pour aller plus loin

Dans le catalogue de la Bpi

Les Territoires de la transition énergétique
par Sylvie Douzou, Marc Guyou et Simon Luck, Lavoisier, 2019
Une étude de l’état de la transition énergétique en cours au travers de l’exemple de trois pays européens : l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Le livre souligne la disparité des contextes nationaux dans des pays pourtant comparables en taille, population, développement politique et influence économique.
À la Bpi, niveau 3, 339.52 TER

Transition énergétique dans les métropoles, la ruralité et le désert 
par Louis Boisgibault et Fahad Al Kabbani, ISTE éditions, 2019
Cet ouvrage présente des études détaillées de terrain à Riyad, Lille, Fayence, Bokhol, Ouarzazate et dans le désert arabique, donnant lieu à une analyse des modes de production et de consommation d’énergie selon le type d’espace.
À la Bpi, niveau 3, en catalogage

En ligne

Site web de L’Agence internationale de l’énergie (AIE ou IEA pour International Energy Agency en anglais)