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Conte d'un jour d'été : Sage comme un orage

Delphine Noly conte Sage comme un orage, un extrait de son spectacle qui évoque l'histoire de l'esprit de l'orage qui tombe amoureux d'une femme mariée.
E
n marge du cycle « Le pouvoir des mots » organisé par la Bpi en 2019, Balises vous propose durant l'été d'écouter des histoires qui abordent la place du merveilleux et du voyage, mais également les relations entre musique et conte. 
Dans Sage comme un orage, Delphine Noly chante dans la tradition de la musique mandingue et s'accompagne de la kora. Pour le journaliste Yvan Amar, le chant de Delphine Noly est caractéristique du « bourdonnement », ce chant que font les instrumentistes comme les contrebassistes quand ils jouent. Son parler chanté est caractéristique des contes musicaux où la voix accompagne la musique. Delphine Noly a construit Sage comme un orage comme « un mouvement d'aller-retour entre la voix et la musique ».

Écouter Sage comme un orage, conté par Delphine Noly
 
Griot
Griot de Niantanso, New York Public Library, Eugène Mage, 1872, domaine public
La rencontre « Le troubadour contemporain » du cycle « Tailleurs d'histoires » réunit les conteurs Marien Tillet, Delphine Noly, Abbi Patrix et les musiciens Jean-François Vrod et Linda Edsjö sur la question des liens entre le conte et la musique. Le journaliste Yvan Amar propose trois extraits sonores : un prêche dans une église évangélique américaine, une chanson de scat blues et un titre de Charles Mingus joué par l'orchestre de Wynton Marsalis.

Jean François Vrod explique que le conte a dans sa structure une musicalité naturelle qui amène le conteur vers la musique. Il compare les conteurs aux compositeurs de sonates ou de symphonies qui s’intéressent à la structure de la musique. Les conteurs composent la musique instrumentale à partir de la forme du récit. Ils se demandent si le récit comporte des parties répétitives, énumératives ou des refrains. Le conte peut être décomposé en trois grandes parties : l’exposition d’un thème ou la présentation d’un héros, le commencement du voyage et la conclusion. Il est possible pour un musicien conteur d’apporter de la théâtralité dans sa narration et ainsi de changer la forme du conte. « Quand un musicien accompagne un conteur, il ne doit pas tomber dans l’illustration », conclut-il. 

Dans le conte musical, il y a une tradition d’imiter la voix humaine. Le conteur recherche un équilibre entre l’histoire, l’instrument de musique et la voix. La musicalité de la parole est un « phénomène naturel » pour les griots, les troubadours et les conteurs, explique Abbi Patrix. Pour Yvan Amar, « il n’existe pas une seule façon de musicaliser la parole du conte ». La parole doit être néanmoins mise en scène. Dans le conte musical, il doit exister un socle instrumental qui sert de repère aux conteurs. Les formes musicales répétitives donnent une assise rythmique à la narration.
 
Retrouvez l'intégralité de la rencontre sur la WebTV / WebRadio.
 
 
 
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