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L'été à Paris #3 : à l'abri de la pluie

Parce que l'été, à Paris, il ne fait pas toujours beau, nous vous proposons trois promenades à l'abri de la pluie dans les passages couverts parisiens.
C'est l'occasion où jamais de découvrir ces petites "bulles" préservées du temps qui passe et du temps qu'il fait !
vue en perspective du passage Vero-dodat

Le passage (Galerie Vero-Dodat), By Christophe Bitton,[CC BY 3.0], via Wikimedia Commons


Qu’est-ce qu’un passage couvert ?

Les passages sont des rues intérieures, étroites, réservées aux piétons, le plus souvent couvertes par des verrières et bordées de boutiques et de restaurants. Ce sont en fait des galeries commerciales couvertes.

Inventés au 18e siécle, à une époque où Paris ne possédait ni trottoirs ni électricité, les passages rencontrent dès leur création un grand succès. Leur période d’apogée est le 19e siècle où les premières galeries de bois se recouvrent de verrières métalliques et permettent de profiter de la lumière du jour. On peut à cette époque en dénombrer plus de 150.
Ils ont alors trois fonctions principales :
- raccourcis couverts pour se mettre à l’abri de la pluie
- lieux de promenade pour que la bourgeoisie se mette en scène
- espaces marchands liés aux nouveaux modes de consommation et de loisirs (salles de spectacle, cafés, restaurants…).

A la fin du 19e, l’apparition des grands magasins (Grand magasin du Louvre, le Bon Marché, la Belle Jardinière) et les transformations réalisées par Haussmann qui rendent la voie publique plus confortable, diminuent leur attrait. Certains passages seront tout simplement détruits.
Aujourd’hui, il en subsiste encore une vingtaine, dans un état de restauration assez inégal, certains sont classés par les monuments historiques, d’autres pas encore mais ils sont tous toujours très vivants. Nous en avons sélectionné trois que vous pourrez arpenter à l’abri de la pluie sans vous ennuyer un instant !

Le plus long : le passage Choiseul

(40 rue des Petits-Champs / 23 rue Saint-Augustin, 75002 Paris)

Il relie la rue des Petits-Champs à la rue Saint-Augustin et est assez haut pour abriter 2 étages au-dessus des boutiques. Il fut ouvert en 1827 lors d’une opération immobilière visant à restructurer le quartier.
Ce passage qui est,  avec ses 190 m, le plus long de Paris est aussi remarquable par son étroitesse (3,7 m) et la sobriété de sa décoration.L’écrivain Louis-Ferdinand Céline qui y vécut aux numéros 64 et 67, le décrit plutôt terriblement dans Mort à créditOn y trouve  également le théâtre des Bouffes-Parisiens dont Offenbach fut le directeur.

C’est un des seuls passages qui n'a pratiquement pas changé depuis sa création bien que sa verrière ait été rénovée en 2012.
Vous pourrez juger par vous-même de son ambiance très vivante, liée aux commerces plutôt hétéroclites présents.

Pour y accéder, descendre  aux stations Quatre-septembre ou Bourse (ligne 3) ou à la station Pyramides (ligne 7 ou 14). Lorque que l'on prend la rue des Petits-Champs, l’entrée du passage se trouve au numéro 40. On peut ressortir par le 23 rue Saint-Augustin ou le 40 rue Dalayrac.
vue sur la verriere du passage choiseul
Passage Choiseul, by Jean-François Gornet (Flickr "Le ciel à travers") [CC BY-SA 2.0] via Wikimedia Commons


 

Le plus spectaculaire : le passage du Grand-Cerf

(145 rue Saint-Denis / 10 rue Dussoubs, 75002 Paris)

Le passage du Grand-Cerf possède non seulement la plus haute verrière,12 m de haut, mais aussi l’une des plus belles car cette dernière est dotée d'une structure en fer forgé qui laisse largement entrer la lumière.
Situé à deux pas de la rue de Turbigo dans le quartier Montorgueil, il offre de jolies boutiques d’artisanat : bijoux, mobilier et design, tout comme des commerces très pointus de tricot, de luminaires…
Il a été entièrement reconstruit en 1989 mais son inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques a permis une restauration dans l’esprit d’origine.

Pour y accéder, il faut descendre à la station Etienne Marcel (ligne 4). Le pasage est est ouvert du lundi au samedi de 8h30 à 20h30.
 
photographie couleur du passage du grand cerf
Passage du Grand Cerf, By MOSSOT [CC BY 3.0], via Wikimedia Commons


  
 

Le plus élégant : la galerie Vivienne


(4 rue des Petits-Champs / 5 rue de la Banque / 6, rue Vivienne, 75002 Paris)

Ce passage est peut-être le plus connu de Paris, mais il le mérite bien !
Ses élégantes mosaïques au sol, œuvres de Facchina, vous raviront. Pour en savoir plus sur ce mosaïste, lire sur Balises : Isidore Odorico dans le domaine public en 2016.
Sa largeur confortable permet de profiter des terrasses des salons de thé ou des restaurants.
Ses décorations dans les tons ocre, les références mythologiques et la verrière en font un lieu plein de cachet et très lumineux. Débutée en janvier 2016, sa rénovation ne fait pas l'unanimité, les critiques portent sur la qualité du verre prévue et sur le revêtement des boutiques. Il est urgent de la visiter, pour en juger par vous-même !
Des boutiques dont certaines très anciennes vous y attendent pour un lèche-vitrine agréable et varié : prêt-à-porter, livres anciens, jeux et jouets, décoration, horlogerie, etc... au total, une trentaine de commerces anime ce passage décidement très attrayant.

Pour vous y rendre, descendre à la station Pyramides (lignes 7 et 14). La galerie Vivienne est ouverte tous les jours de 8h30 à 20h30.
 
vue de la galerie Vivienne
The Galerie Vivienne, Joe deSousa [Domaine Public], via Flickr

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