0   Commentaires

Femmes singulières de la littérature germanique

Quels points communs y a-t-il entre Elfriede Jelinek, Juli Zeh et Judith Hermann ? Existe-t-il une voix spécifique de ces auteures femmes au sein de la littérature germanique ? Rien n'est moins évident. C’est d’abord leur apparente hétérogénéité qui frappe. Ce sont des femmes de générations différentes : Elfriede Jelinek est née dans l’immédiat après-guerre, tandis que Juli Zeh et Judith Hermann ont été nourries au punk dans les années 1970. Elles appartiennent également à une géographie linguistique éclatée : Elfriede Jelinek est autrichienne, Juli Zeh et Judith Hermann sont typiquement berlinoises. Pourtant, ces différences semblent dessiner de nombreux points communs : l’engagement de l’écriture, la précision de la langue et la mise à l’épreuve d’un réel désenchanté. C’est notamment ce réalisme cru qui fait la singularité de leur écriture, sans fioriture, jamais psychologisante. Qu’il s’agisse de "dénazifier la langue" (Elfriede Jelinek), de décrire le huis-clos oppressant d'un village de campagne (Juli Zeh, Brandebourg) ou de passer à l'eau glacée les relations amoureuses (Judith Hermann, Rien que des fantômes), ces auteures osent mettre en scène des femmes qui haïssent, jouissent ou tuent. Leurs textes nous rappellent que l’identité féminine est mouvante, complexe et inattendue. 
Captcha: