Brève

Appartient au dossier : La Chine, sur la voie de la puissance

58 % de l’énergie chinoise repose sur le charbon

Opportunisme politique ou objectif atteignable ? Le discours du président chinois du 22 septembre 2020 affichait une ambition écologique exigeante, qui permettrait à la Chine de se positionner comme leader vert. Pourtant, le charbon représentait encore 58 % de la production énergétique chinoise en 2019 et la Chine est classée premier pays pollueur mondial avec 28 % des émissions de gaz à effet de serre.

Un contexte particulier

Cette annonce du président chinois intervient au moment où le désengagement des États-Unis dans l’Accord de Paris pour le climat promis par Donald Trump se concrétise et avant que Joe Biden ne prône le retour à l’Accord. Les deux grandes puissances ont un réel pouvoir d’infléchir le changement climatique car elles sont aussi les plus polluantes, avec 28,8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre pour la Chine et 14,5 % pour les États-Unis d’après un article de Transitions et Énergie d’avril 2021. L’Union européenne totalise moins de 10 % des émissions et l’Inde, troisième pays pollueur, représente 7,3 %. Aussi, même si ces annonces suscitent certains doutes, elles ont été saluées par l’Allemagne et des associations comme Greenpeace car elles relancent une dynamique positive pour le climat. En effet, le mois suivant, le Japon et la Corée prenaient des résolutions en matière de neutralité carbone.

Des promesses, des échéances et des moyens

Le discours de septembre 2020 fixe deux échéances : l’atteinte du pic d’émission de CO2 avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060. L’Institut de l’énergie et de l’environnement chinois a planifié l’effort sur les trente prochaines années avec un budget de 13 000 milliards d’euros. La réussite passe par une baisse de la demande énergétique vers 2035 et une intensification du nucléaire, de l’éolien et du solaire, afin que la production électrique remplace les énergies fossiles et représente 80 % de la consommation en 2060. La fermeture de la dernière centrale au charbon est prévue pour 2050.

Xi Jinping a ajouté de nouveaux objectifs pour 2030, lors du sommet de l’ONU sur le climat le 12 décembre 2020, avec un engagement de 25 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie primaire chinoise (contre 15,3 % en 2019).

En juillet 2021, la Chine s’est dotée d’un nouvel outil pour inciter les entreprises polluantes à réduire leurs émissions : un « marché carbone ». Pour le moment, il ne concerne que le secteur de l’énergie et le coût de carbone à la tonne est faible.

L’indispensable charbon

Le mix énergétique chinois repose essentiellement sur le charbon et n’évolue pas assez vite malgré la position de leader du pays dans la technologie des énergies renouvelables, une industrie qui occasionne de nouvelles émissions de CO2. De plus, ces technologies sont onéreuses. 

D’après les données de BP (2020) – « Statistical Review of World Energy » (69ᵉ éditions), CC BY-NC-ND

Si la Chine apparaît vertueuse sur son territoire, ses « routes de la soie » le sont beaucoup moins. La China Bank finance de nombreux projets liés à l’énergie fossile à travers le monde. Même si, en septembre 2021, Xi Jinping annonce que la Chine ne construira plus de nouvelles centrales charbon à l’étranger, les projets sur le sol chinois ne sont pas concernés par cette annonce.

Le recours au charbon en Chine semble incontournable. La demande en charbon thermique s’est accrue en raison d’un hiver très froid, suivi d’un été très chaud ce qui a poussé la Chine à relancer l’extraction de charbon, en complément de ses importations. De plus, sous l’effet de la hausse du prix du gaz à l’automne 2021, le charbon est devenu une ressource compétitive.

Publié le 08/11/2021 - CC BY-SA 4.0

Pour aller plus loin

La Revue statistique des analyses énergétiques mondiales | BP, 2020 (en anglais)

69e édition de ce rapport de données sur les marchés mondiaux de l’énergie de l’année 2019.

14e Plan quinquennal de la Chine : un démarrage ambigu sur la route vers la neutralité carbone | Iddi.org, mars 2021

L’Iddri, est un think tank dont l’objectif est de faciliter la transition vers le développement durable. Cet article s’intéresse à la traduction des ambitions écologiques de la Chine dans son 14e Plan quinquennal (2021-2025) présenté le 11 mars 2021.

Pourquoi la transition énergétique chinoise ne peut être qualifiée de « durable » | The Conversation, août 2021

Histoire de la démarche chinoise vers l’efficience et la durabilité de son système énergétique.

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