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Antonioni aux origines du pop, à la Cinémathèque française

La Cinémathèque française rend hommage au cinéaste italien Michelangelo Antonioni avec une rétrospective complète de son œuvre filmée et une exposition, intitulée « Antonioni aux origines du pop, cinéma / photographie / mode » à voir jusqu’au 19 juillet 2015.
 

Cinéaste italien majeur, tourné vers la modernité, Antonioni est célèbre pour L’Avventura, Il Deserto rosso (Le Désert rouge), Blow-Up… Il crée dans ses films une nouvelle écriture cinématographique, analyse de l’âme humaine et des angoisses du monde contemporain. Il invente des personnages inoubliables, incarnés par ses muses Lucia Bosè, Monica Vitti et Jeanne Moreau, et quelques célèbres acteurs, tels Marcello Mastroianni, Alain Delon, JackNicholson.

L’exposition a pour origine l’acquisition par Ferrare, la ville natale d’Antonioni, d’une importante collection de documents : photographies, manuscrits, scénarios, témoignages de collaborateurs et amis, correspondance prestigieuse, peintures et divers travaux plastiques. Cette riche collection d’archives fait découvrir l’œuvre du cinéaste dans la diversité de ses aspects artistiques et retrace toute une vie, celle d’un des plus importants créateurs du XXe siècle.

Après Ferrare et Bruxelles, la Cinémathèque française accueille l’exposition, réalisée sous la direction de  Dominique Païni, qui fut directeur de la Cinémathèque française. Tout en suivant un parcours chronologique, et avec pour fil conducteur l’idée de modernité, l’exposition dévoile le travail de création du cinéaste mais aussi l’intimité de l’homme dans une belle scénographie au travers des nombreux documents exposés, des extraits de films, des photographies, des œuvres plastiques qui ont nourri le regard du cinéaste, qui fut peintre également, des écrits et documents rares révélant sa puissance créatrice.

Lucia Bosè, Chronique d’un amour (Cronaca di un amore) de Michelangelo Antonioni, 1950
Lucia Bosè, Chronique d’un amour de Michelangelo Antonioni, 1950 © DR

Né en 1912, Antonioni est d’abord l’assistant de Marcel Carné sur le film Les Visiteurs du soir, puis journaliste, scénariste de Rossellini, De Santis et Fellini. Il réalise des courts métrages documentaires d’inspiration néoréaliste dont les plus connus sont Gente del Po (Les Gens du Pô), en 1943 et N.U. Netteza urbana (Nettoyage urbain) en 1948 qui abordent des sujets sociaux et polémiques. Puis sous l’influence de Visconti, il tourne avec la jeune actrice Lucia Bosè Cronaca di un amore (Chronique d’un amour) en 1950 et La Signora senza camelie (La Dame sans camélias) en1953. Dès ses premiers films, il fait preuve d’une maîtrise, d’une perfection qui ne cesseront de croître. En 1955, Antonioni réalise Le Amiche (Femmes entre elles), adapté d’un récit de Pavese, puis en 1957,  Il Grido (Le Cri). En 1959, il tourne L’Avventura, film marquant dans son œuvre avec l’actrice Monica Vitti présente également dans La Notte (La Nuit, 1961) et L’Eclisse (L’Eclipse,1962).

Le Désert rouge, 1964
Désert Rouge (Il deserto rosso) de Michelangelo Antonioni, 1964 © Sergio Strizzi

Il réalise son  premier film en couleur Il Deserto rosso (Le Désert rouge) en 1964. En 1966, il tourne à Londres Blow Up, un défi sur notre aptitude à voir, dont la métaphore est le photographe qui agrandit encore et encore son cliché. En 1968, il se retrouve au centre des révoltes de la jeunesse qui secouent les États-Unis ; en sortira Zabriskie Point, utopie d’une Amérique débarrassée de la société de consommation. En 1973, il tourne un film documentaire en Chine, Chung Kuo, Cina (Chung Kuo, La Chine). Un autre film mythique, né cette fois d’une errance entre l’Europe et l’Afrique et de la rencontre de Jack Nicholson avec Maria Schneider, Professione : reporter (Profession : reporter), marque les années soixante-dix. Puis, retour en Italie avec Identificazione di una donna (Identification d’une femme) en 1982. Précurseur, son véritable sujet a toujours été l’homme moderne, son angoisse existentielle et son incapacité à créer des liens durables avec les autres.

En 1985, un accident cérébral le laisse partiellement paralysé mais il ne renonce pas au cinéma, jusqu’à sa mort en 2007. En 1995, il revient à la mise en scène avec l’aide de Wim Wenders pour Al di là delle nuovole (Par delà les nuages). En 2004 il participe au film collectif Eros avec Wong Kar-wai et Steven Soderbergh et réalise un documentaire Lo Sguardo di Michelangelo (Le Regard de Michelangelo) qui montre le cinéaste dans un face-à-face muet avec la sculpture de Moïse de Michel-Ange.

oeuvre peinte de MIchelangelo Antonioni
Michelangelo Antonioni, La Montagne enchantée, aquarelle sur papier. Avec l’aimable autorisation de la Cinémathèque française

L’exposition explore également les liens avec les arts plastiques, à travers ses propres œuvres, Montagnes enchantées, celles de peintres comme De Chirico, Morandi, Burri… et des œuvres d’artistes contemporains qui lui rendent hommage, de Peter Weiz à Philippe Parreno.

“C’était un explorateur de formes, un inventeur, un homme en perpétuelle inquiétude quant à la forme cinématographique”, a souligné le directeur de la Cinémathèque Serge Toubiana, pour qui le cinéaste, récompensé notamment par un Oscar pour l’ensemble de sa carrière en 1995, a “marqué les vies de cinéphiles” et “éclairé notre vision du cinéma moderne”.

La rétrospective complète des films d’Antonioni est à voir jusqu’au 31 mai 2015 à la Cinémathèque française.

Publié le 12/05/2015

Sélection de références

Antonioni : l'oeil d'un peintre-cinéaste : exposition, Paris, Cinémathèque française, du 8 avril au 19 juillet 2015

sous la direction de Dominique Païni
Flammarion ; Cinémathèque française ; 2015,

Michelangelo Antonioni est, aux côtés de ses compatriotes Visconti, Fellini et Pasolini, parmi les grandes figures du cinéma moderne. Si L’Avventura, L’Éclipse, Blow-Up, Zabriskie Point et Profession : reporter sont des titres célèbres connus du plus grand nombre, la vie et une grande partie de l’oeuvre du réalisateur demeurent auréolées de mystère. Aussi cet ouvrage propose-t-il, à travers les très riches archives conservées à Ferrare, sa ville natale, et présentées pour la première fois en France à la Cinémathèque française, de lever un coin du voile sur ce cinéaste souvent qualifié d’insaisissable : documents personnels et extraits de correspondance, carnets de repérage et photos de tournage, photogrammes et coupures de presse nous permettent ainsi de suivre le travail de création tout autant que l’intimité de l’homme. Plus encore, c’est par son incroyable picturalité que se révèle toute la modernité de son cinéma qui fait écho à des artistes tels De Chirico, Morandi, Pollock ou Rothko, et résonne dans toute la création contemporaine. (4e de couv.)

À la Bpi, niveau 3, 791.6 ANTO 2

Antonioni

Aldo Tassone
Flammarion; 2007,

Ce livre est une introduction claire, documentée et exhaustive à la vie et à l’oeuvre de ce grand novateur et poète de l’image. Chaque film est analysé de façon détaillée ; les chapitres consacrés à la biographie du cinéaste, à ses activités de critique de cinéma, de peintre et d’écrivain, mettent en exergue de nouveaux aspects de l’homme et de l’artiste. (extrait de la 4e de couv.)

À la Bpi, niveau 3, 791.6 ANTO 2

Écrits

Écrits de Michelangelo Antonioni : écrits et entretiens de 1960 à 1985

Michelangelo Antonioni
Éd. Images modernes, 2003,

À la Bpi, niveau 3, 791.6 ANTO 1

Je commence à comprendre; Comincio a capire

Michelangelo Antonioni
Arléa, 2014,

On écrit pour exister, on écrit parce qu’on a quelque chose à dire, parce qu’on a le courage de le faire. On écrit pour comprendre quand on commence à comprendre. On écrit pour déchiffrer le chaos. Ou pour savoir aimer.

Les notes, les pensées d’Antonioni sont des concentrés d’attention, de réflexion, des fragments de mémoire, d’émotion, d’intuition. Une façon élégante de vivre et de lire la vie.

À la Bpi, niveau 3, 791.6 ANTO 1

La Chine-Chung Kuo

La Chine-Chung Kuo

Antonioni, Michelangelo
Carlotta Films [ed.] : ; Allerton Films [ed.], 2009

En 1972, le gouvernement chinois invite Michelangelo Antonioni à réaliser un documentaire sur la Nouvelle Chine. Entre la place Tienanmen à Pékin, la Cité interdite ouverte à tous, la Grande Muraille, et le monde rural dans la province de Henan, la caméra filme la ville de Suzhou, Nankin, Shangaï…et les Chinois. Elle s’attarde sur les visages, souligne certains détails. “Mon film n’est pas tant un film sur la Chine que sur les Chinois” ( M. Antonioni). En effet, c’est une sorte de carnet de notes où le réalisateur observe, sans chercher à expliquer, offre une réflexion sur le vécu quotidien des Chinois de cette époque. Son regard va au-delà de toute analyse idéologique : aussi son film fut-il interdit en Chine pendant trente an. En 2004, le film y est projeté pour la première fois et les étudiants chinois découvrent à travers lui les années soixante-dix en Chine.

À la Bpi, niveau 3, 951-82 CHI

Michelangelo Antonioni : anthropologue de formes urbaines

sous la direction de José Moure et Thierry Roche
Riveneuve éditions, 2014

De l’Italie à la Chine, de Londres à Los Angeles, Michelangelo Antonioni a toujours filmé des villes et à travers elles, sa ville natale Ferrare. Des rues romaines désertes que les employés municipaux de N.U. balaient au petit matin jusqu’à la maquette de la cité du futur que les architectes de Zabriskie Point rêvent de faire naître au milieu du désert, l’espace urbain s’affirme. Le centenaire de la naissance du cinéaste a été l’occasion de revenir sur une oeuvre au travers de laquelle il n’a cessé de s’interroger sur l’homme et son rapport à l’espace, son devenir dans un tissu relationnel de plus en plus complexe. (extrait de la 4e de couv.)

À la Bpi, niveau 3, 791.6 ANTO 2

Article sur l'exposition Michelangelo Antonioni à la Cinémathèque française

Evénement Antonioni - La Cinémathèque française

Du 9 avril au 19 juillet 2015 la Cinémathèque consacre une exposition à Michelangelo Antonioni. Cinéaste italien majeur, héros du cinéma moderne, Antonioni a profondément marqué les arts visuels du XXe siècle à nos jours. L’exposition qui lui est consacrée est née à Ferrare, sa ville natale.
Toutes les informations sur l’exposition et la rétrospective Michelangelo Antonioni

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