Sélection

Appartient au dossier : Jeu et apprentissage

Apprendre sur soi et sur les autres avec les jeux

Le jeu n’est pas un divertissement comme les autres, tant ses modalités d’appropriations sont diverses en fonction du contexte dans lequel il est utilisé.  Voici une sélection d’ouvrages pour introduire plus de jeu dans votre sphère familiale, amicale ou professionnelle.

Le rapport au jeu est complexe. Jouer peut être un plaisir, un divertissement… ou une expérience désagréable, si on perd, par exemple. On peut s’engager totalement dans un jeu ou au contraire, jouer de façon désinvolte sans le souci de gagner. Le jeu comporte des règles, mais chacun est libre de son implication, à la différence d’autres activités collectives. 

Mais quels que soient la motivation et le comportement du joueur, le jeu suppose avant tout une interaction, avec soi, avec les autres, avec le cadre posé. L’absence de danger réel procure un sentiment sécurisant qui encourage les expérimentations : ce n’est pas sérieux, il est donc possible d’essayer des stratégies, de renoncer, d’aller au bout de son raisonnement, d’affronter l’autre… Le jeu favorise ces apprentissages informels et pas toujours conscients. Les institutions se sont saisi du jeu. L’école a compris son intérêt dans les apprentissages dès la fin du 19e siècle, et utilise souvent les jeux dans le but d’instruire et d’éduquer les plus jeunes. Les ludothèques valorisent le jeu auprès d’un public plus large en proposant une approche divertissante, moins formelle mais avec médiation.

Dans le cercle familial, le parent joue avec son enfant, à la fois par plaisir et dans l’objectif de favoriser des apprentissages scolaires ou construire sa sociabilisation.
Quand les adultes jouent ensemble, la motivation première est souvent le divertissement, mais les jeux contemporains mobilisent des compétences et des connaissances que les joueurs peuvent partager. Certains éditeurs de jeux développent des jeux éducatifs pour adultes favorisant la connaissance de soi et du rapport à l’autre. Les activités ludiques constituent également un support de formation professionnelle.

Publié le 28/02/2019 - CC BY-SA 3.0 FR

Sélection de références

Couverture Homo ludens

Homo ludens : essai sur la fonction sociale du jeu

Johan Huizinga
Gallimard, 2014

On connaissait l’homo sapiens (l’homme qui pense) et l’Homo faber (l’homme qui fabrique), Johan Huizinga nous propose dans cet essai de 1938 l’Homo Ludens (l’homme qui joue). Il s’explique dans son avant-propos : ”De longue date, la conviction s’est affermie en moi, de façon croissante, que la civilisation humaine s’annonce et se développe au sein du jeu en tant que jeu”. Il émet l’idée originale que la culture naît dans le jeu. Il s’attache à décrire le jeu dans les différentes sphères de la vie sociale, l’art, le langage et la poésie puis dans le droit, la compétition, le sport, le combat et la guerre.

Le jeu est une action libre mais qui nécessite des règles et un ordre, il n’est pas seulement un acte biologique qui correspond à un besoin, mais est riche de sens et a une fin. Parce que le jeu peut absorber à tout moment le joueur, il en devient sérieux. “L’opposition jeu-sérieux demeure à tout instant flottante”. Ainsi l’analyse et la définition que nous propose Johan Huizinga dans son ouvrage posent les bases de toute étude qui s’intéresse aux différentes formes et fonctions du jeu.

À la Bpi, niveau 2, 301.45 HUI

Place au jeu ! : jouer pour apprendre à vivre

Patrice Huerre
Nathan, 2007

Patrice Huerre, pédopsychiatre spécialisé dans les actions de prévention et de soin pour les adolescents, nous rappelle la place et le rôle essentiel du jeu dans le développement de l’enfant.
À ceux qui pensent que le jeu est futile, Patrice Huerre rétorque que le jeu est un travail de construction, de développement, d’apprentissage, de vie en société, de plaisir  et de découverte. Parce qu’il permet d’établir des liens sécurisants entre l’enfant et les autres, le jeu aide à la construction de la personnalité. L’auteur nous rappelle le rôle de l’objet transitionnel défini par Winnicott, très utilisé en psychothérapie pour enfant ;  le jeu a des vertus thérapeutiques et permet de déceler des troubles. Il peut transformer les émotions fortes et révéler des traumatismes.
Patrice Huerre dresse également les portraits du bon ou du mauvais joueur, celui qui a peur de l’échec. Il nous amène à réfléchir sur les comportements addictifs révélant un manque affectif, un problème de confiance en soi ou une autre forme d’insécurité. À l’inverse, il nous alerte sur les enfants trop sérieux pour jouer, qui n’éprouvent aucun plaisir, ont tendance à se refermer et peuvent percevoir le monde extérieur comme une menace.
En conclusion Patrice Huerre nous invite à ne pas cesser de jouer pour conserver le lien avec les générations futures.

À la Bpi, niveau 2, 151.22 HUE

COuvertuer de Laisse-moi jouer, j'apprends

Laisse-moi jouer... j'apprends !

Delphine Druart, Augusta Wauters
De Boeck, 2013

Partant du postulat que grâce au jeu, l’enfant apprend et construit sa personnalité, les autrices, inspectrices honoraires de l’Éducation nationale en écoles maternelles, nous proposent des activités ludiques qui aideront l’enfant à s’éveiller et s’investir dans une discipline.
Cet ouvrage pratique a l’ambition de privilégier l’apprentissage dans le respect des rythmes et des différences individuelles. Un chapitre propose à l’adulte accompagnateur de choisir une activité parmi dix thématiques, par exemple, la psychomotricité, la communication, l’éveil artistique ou scientifique, la citoyenneté responsable…
Tout au long de l’ouvrage, les autrices s’appuient sur un référentiel théorique. Le point de vue des principaux pédagogues de Jean-Jacques Rousseau à Serge Tisseron en passant par Freud, Decroly ou Montessori, nous rappelle le rôle essentiel du jeu dans le développement de l’enfant.
Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui jouent un rôle dans l’éducation de l’enfant, de la famille à l’école.

À la Bpi, niveau 2, 379.8 DRU

Couverture Jouer pour réussir

Jouer pour réussir : accompagner un enfant dans sa scolarité

Dominique Boussand-Rio, Françoise Levoir
Belin, 2007

Les autrices, s’appuyant sur leurs expériences de terrain, proposent aux parents ou accompagnateurs d’enfants (de maternelle et de primaire) des activités ludiques pour contrer l’échec scolaire. Dominique Boussand-Rio, ancienne volontaire  à ATD Quart Monde, travaille  sur la question de l’illettrisme. Françoise Levoir est orthophoniste et psychomotricienne de formation. Toutes deux animent des ateliers d’accompagnement scolaire.

Les enfants en difficulté expriment le besoin d’être écoutés, rassurés et mis en situation de réussite. Le jeu permet à l’enfant d’expérimenter, de décider, d’agir, d’atteindre un but et de se tromper. Travailler avec le jeu modifie les relations, il met sur un pied d’égalité l’adulte et l’enfant. Celui qui gagne n’est pas toujours l’accompagnateur.
Des pistes sont proposées pour mieux connaître l’enfant que l’on accompagne. Les activités s’articulent autour de trois axes qui sont : l’éveil de l’enfant, la lecture et les mathématiques. Un tableau récapitulatif permet de choisir un jeu en fonction du niveau ou de la compétence recherchés.

À la Bpi, niveau 2, 379.8 BOU

Couverture Jeux de formation

Jeux et jeux de rôle en formation : Toutes les clés pour réaliser des formations efficaces

Sophie Courau
Cognitia-ESF Sciences Humaines, 2018

Sophie Courau, experte en développement professionnel et en psychologie des organisations, est aussi spécialiste de la formation des adultes. Elle propose des activité ludiques dans le cadre de formations professionnelles.
Le cœur du métier de formateur repose sur des compétences fondamentales liées à la pédagogie, la psychologie cognitive et la psycho-dynamique des groupes. Ce manuel destiné aux formateurs, traite la façon de concevoir et d’animer des activités pédagogiques variées et multimodales à travers des jeux-activités. Sophie Courau conçoit l’activité formative ponctuée de moments d’apprentissages de savoir-faire et savoir théoriques alternant avec des jeux-activités de démonstration, de découvertes, d’application et d’évaluation. Cet ouvrage comporte aussi une partie pratique avec des exercices corrigés.

À la Bpi, niveau 3, 658.34 COU

Couverture Le Grand Livre des jeux de formation

Le Grand Livre des jeux de formation : 100 jeux et activités ludiques pour apprendre en groupe

Nicolas Jousse
Eyrolles, 2018

Nicolas Jousse est consultant en formation. Il anime des stages en pédagogie, communication et management.

Dans cet ouvrage, il propose un catalogue de jeux classés par thèmes, à utiliser en formation. Prêt à l’emploi, chaque jeu est décrit sous forme de fiche. Des focus sur l’histoire et les fonctions du jeu ainsi que des interviews d’experts permettent d’expliquer les fonctions du jeu en formation.

À la Bpi, niveau 2, 374.7 JOU

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