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Appartient au dossier : Catherine Meurisse entre les arts

Catherine Meurisse entre les arts 1/5 : Le Carré des Niobides de la Villa Médicis

En 2015, Catherine Meurisse s’installe quelques semaines à la Villa Médicis à Rome. Dans son album La Légèreté, elle décrit longuement le Carré des Niobides, fontaine réalisée par Balthus dans les années soixante à partir de statues antiques et disposée dans le jardin de la Villa.
Nous vous proposons, au fil de notre dossier, un aperçu de la relation de Catherine Meurisse aux arts, entre hommage et réinvention, pour accompagner l’exposition « Catherine Meurisse, la vie en dessin » qui se tient de septembre 2020 à janvier 2021 à la Bpi.

© Catherine Meurisse, 2017

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Niobé s’était moquée de la déesse Leto, arguant qu’elle était plus fertile qu’elle. Apollon et Artémis, enfants de Leto, ont vengé leur mère en exécutant toute la progéniture de Niobé. Ce mythe grec, image de la plus grande cruauté et du plus profond désespoir, fut un sujet de prédilection pour les peintres et les sculpteurs dès l’Antiquité. 

Le Carré des Niobides est un ensemble de statues illustrant ce mythe, que l’on peut admirer dans les jardins de la Villa Médicis à Rome. Villa construite à la Renaissance sur les ruines d’un palais antique, elle est d’abord l’une des résidences de la famille Médicis, puis devient le siège de l’Académie de France à Rome en 1803.

Avant d’être l’une des résidences d’artistes les plus prisées du monde, elle servait de lieu d’apprentissage pour les jeunes peintres et sculpteurs qui venaient copier la statuaire antique et renaissante dont regorgeaient les musées et palais romains. Parmi cette statuaire, de nombreuses copies de la collection des Médicis, consultables dans la gypsothèque de la Villa. C’est dans ce vivier de copies en plâtres que le peintre Balthus, directeur de l’Académie de France dans les années 1960, va chercher le groupe des Niobides qu’il fait restaurer et agence sous forme de fontaine dans les jardins. Le Carré des Niobides participe donc au palimpseste architectural que sont la Villa Médicis en particulier, et la ville Rome en général.

Dans La Légèreté, quand Catherine Meurisse découvre le Carré des Niobides lors de son séjour à la Villa Médicis en novembre 2015, elle rapproche ce massacre mythologique de celui du Bataclan qui vient de se produire, « massacre de jeunes gens innocents par de jeunes gens courroucés ». Puis elle y revient plusieurs fois et le voit évoluer dans son écrin végétal avec le passage des saisons. Ces statues sont en quelque sorte à l’image de son séjour à Rome : une rencontre avec la beauté d’abord cruelle, qui lui permet de retrouver au fil du temps sa légèreté perdue.

Publié le 30/11/2020 - CC BY-NC-SA 4.0

Pour aller plus loin

Villa Médicis

Dominique Fernandez
Philippe Rey, 2010

Une visite illustrée de la Villa Médicis (chambres d’apparat, appartements privés, salons, ateliers, Studiolo, façades sculptées, statues antiques, jardins…). L’auteur replace cette académie dans l’histoire de l’art et présente son héritage ainsi que son rôle actuel.

À la Bpi, niveau 3, 704.592 FER

Balthus : les dessins. Réflexions sur le dessin Balthus et la couleur des lignes

Jean-Pierre Faye
Adam Biro, 1998

Né à Paris en 1908, Balthus est un peintre figuratif français d’origine prussienne. En 1961, il est nommé directeur de l’Académie de France par André Malraux. Pendant les seize ans qu’il passe à la Villa Médicis, il entreprend de rénover la Villa et ses jardins. S’il est davantage connu comme peintre, il était aussi un grand dessinateur. C’est à cet aspect de son travail que rend hommage ce livre de Jean-Pierre Faye, bousculant la chronologie en regroupant ses œuvres par thèmes.

À la Bpi, niveau 3, 70″19″ BALT 2

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