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Fernand Deligny, images errantes

Pour l’éducateur Fernand Deligny, la caméra est un outil pédagogique qui accompagne l'épanouissement des enfants dont il s'occupe et documente leur comportement singulier. Avec Deligny et autour de lui émergent dès lors plusieurs films. Balises vous présente quelques-unes de ces œuvres, alors que le festival Cinéma du réel 2020 consacre à Fernand Deligny une rétrospective et une exposition.
Instituteur ayant suivi des cours de philosophie et de psychologie, Fernand Deligny (1913-1996) commence sa carrière en 1938 comme éducateur spécialisé à l’hôpital psychiatrique d’Armentières, où il expérimente un accompagnement en rupture avec la prise en charge habituelle. Après avoir poursuivi cette expérience au Centre d’observation et de triage de Lille à partir de 1945, il crée à Paris en 1948 la Grande Cordée, réseau d’hébergement expérimental, « en cure libre », pour adolescents caractériels, délinquants et psychotiques.

Après l’échec de cette tentative, il se retire à partir de 1955, successivement dans différents lieux, pour y poursuivre ses expérimentations pédagogiques. Son passage à la clinique de La Borde, où œuvrent Jean Oury et Félix Guattari, est de courte durée, en raison de désaccords. C’est à Monoblet, dans les Cévennes, qu’il s’installe finalement pour accueillir des enfants autistes, sans chercher à les guérir, mais en les laissant vivre « dans la vacance du langage ». Il met en place des conditions de vie possibles pour des enfants et des adolescents mis au ban de la société, souvent enfermés. Les parents de ces enfants y voient également une tentative de sortir de l’isolement.

L’approche de Deligny, si elle a été poursuivie jusqu’à nos jours par certains de ses collaborateurs d’alors, en particulier à Monoblet, n’a pas vraiment fait école en France. Sans doute était-elle trop en porte-à-faux avec les institutions. Mais ses écrits, comme Graine de crapule ou Les Vagabonds efficaces, font toujours référence auprès des éducateurs.