Sélection

Dans la bulle d’Emmanuel Guibert (2)

Référence incontournable de la bande dessinée contemporaine, Emmanuel Guibert a réalisé en tant que scénariste ou dessinateur, des dizaines d’albums, et de livres illustrés.
À l’occasion de l’exposition Emmanuel Guibert en bonne compagnie au Musée d’Angoulême, et de son passage à la Bpi, le 31 mai, le dessinateur a sélectionné quelques-unes des œuvres qui font partie de son univers.

Publié le 31/05/2021 - CC BY-SA 4.0

L'Homme qui a sauvé Londres

George Martelli
Les Arènes, 2016

L’Homme qui a sauvé Londres relate l’histoire de Michel Hollard, héros méconnu de la Résistance. Cet ingénieur et père de famille, a monté pendant la seconde guerre mondiale, un réseau de renseignement d’une centaine d’agents. Michel Hollard a traversé quatre-vingt-dix-huit fois la frontière franco-suisse pour transmettre secrètement des informations aux agents anglais qu’il rencontrait à Berne. Dans le cadre de ses activités clandestines, Michel Hollard a découvert les bases de lancement des missiles V1, que les Allemands comptaient envoyer sur Londres. 

Pour la série La Guerre d’Alan, Emmanuel Guibert a abondamment étudié cette période de l’histoire, et ceux qui l’ont vécue. Il a contribué à la réédition de cette biographie, écrite par George Martelli, et l’a illustrée de quatre-vingt-dix-huit dessins. Ainsi qu’il l’expliquait à la revue dBD : « Dès qu’on a lu ce bouquin, il sert à la vie de tout un chacun ! Son protagoniste est un tel exemple de résolution, de courage, de vivacité et de beauté d’âme ». 

Jean-Louis Faure, sculptures : catalogue irraisonné

Préface de Régis Debray
de Fallois, 2009

Jean-Louis Faure, sculpteur contemporain, créé des œuvres qui sont autant de rébus ou de collages, comiques et énigmatiques. Prenant l’histoire comme sujet, il s’inspire d’anecdotes ou de faits réels comme les guerres, le communisme, le colonialisme. Il en fait la critique à travers ses sculptures avec une ironie qui le rapproche des surréalistes. Originales et troublantes, ses sculptures intriguent, font sourire et parfois terrifient…

À la Bpi, niveau 3, 70″19″ FAUR 2

Sempé : un peu de Paris et d'ailleurs (Exposition à l'Hôtel de Ville de Paris, du 21 octobre 2011 au 11 février 2012)

Sempé, Marc Lecarpentier
M. Gossieaux, 2011

Sempé a débuté sa carrière dans les années cinquante en dessinant pour le journal Moustique. Il y fait la rencontre de René Goscinny, qui devient son ami et avec qui il crée le personnage du petit Nicolas. « Il [Goscinny] arriva avec un texte dans lequel un enfant, Nicolas, racontait sa vie, avec ses copains qui avaient tous des noms bizarres : Rufus, Alceste, Maixent, Agnan, Clotaire… », explique le dessinateur. Sempé séduira ensuite un public adulte en dessinant pour la presse. Il a entre autres à son actif, une centaine de couvertures pour le New Yorker et une trentaine d’albums grands formats.

Son trait à l’encre de Chine, inimitable, est aussi expressif que léger, adouci parfois de touches d’aquarelle. Sempé porte sur ses contemporains un regard amusé et empathique, qu’il exprime dans ses dessins, remplis d’un humour décalé et poétique. Emmanuel Guibert est un de ses grands admirateurs.

À la Bpi, niveau 3, 767 SEMP

Six portraits XL

Six portraits XL

Alain Cavalier
Tamasa Distribution, 2018

Alain Cavalier a débuté sa carrière de cinéaste avec des longs-métrages de fiction, avant de s’engager dans une démarche plus personnelle et expérimentale. Travaillant avec des équipes de tournage de plus en plus réduites et du matériel toujours plus léger, il finit par tourner seul, avec une petite caméra, plusieurs séries de portraits.

Il poursuit son exploration d’un cinéma au plus près de son sujet, ni fiction ni documentaire, qui dresse en creux un portrait du cinéaste lui-même. En 2017 sort une nouvelle série de portraits, composée cette fois de six moyens-métrages autonomes. Ces 6 portraits XXL sont consacrés à six personnes qu’Alain Cavalier filme sur une durée plus ou moins longue, parfois des années : Jacquotte, amie de longue date du cinéaste, qui se rend chaque année dans la maison de ses parents laissée intacte ; Daniel, affublé de troubles obsessionnels compulsifs et accro aux jeux de grattage ; Léon, cordonnier qui s’apprête à fermer boutique après 46 ans de métier ; Guillaume, qui ouvre une nouvelle boulangerie ; Philippe Labro, qui prépare ses interviews comme un athlète de haut niveau, et Bernard, comédien filmé au fil des ans avant et après la scène.

À travers cette série au long court, Alain Cavalier démontre à nouveau la subtilité, la poésie et la puissance de son art. En filmant ses personnages sur la durée, en leur parlant, en racontant leur histoire commune, il n’enregistre pas le réel mais la relation, les gestes, les corps, ce qui se passe entre les êtres. Son regard profondément humain est toujours mis au service de la personne filmée, pour témoigner de sa singularité totale.

Vision Fugitive

Vision fugitive est une maison de disques créée en 2012 par le guitariste Philippe Mouratoglou et le clarinettiste Jean-Marc Foltz, rejoints par le producteur et graphiste Philippe Ghielmetti.

Tel un manifeste, le premier disque édité par le label en 2012, Visions fugitives, nous est décrit par Jean-Marc Foltz (clarinette) et Stéphan Oliva (piano) comme un appel à « abolir les clivages, interroger la notion de répertoire […], voyager librement d’une improvisation à une page de répertoire… ». 

En effet, Vision fugitive propose un projet original allant de l’interprétation poussée de compositeurs du répertoire (Sergueï Prokofiev, Fernando Sor, George Gershwin…) à la musique improvisée et la création contemporaine. Emmanuel Guibert réalise les couvertures des albums de ce label, dont il apprécie la variété et la qualité. 

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