Appartient au dossier : Giovanni Cioni, un cinéaste qui brise les frontières Les motifs récurrents des cinéastes
Le cinéma de Giovanni Cioni – Perturber la linéarité du temps
Les entretiens Balises
Dans le deuxième épisode de son entretien accordé à Balises, le réalisateur italien Giovanni Cioni s’attarde sur la manière dont il perturbe la linéarité du temps à l’aide du montage, en particulier, et à la place qu’il accorde aux silences et aux durées dans ses films.

Pour Giovanni Cioni, « le montage est une partie fondamentale de l’écriture du film ». « Le cinéma, pour moi, c’est une véritable matière. Dans cette matière, il y a le temps, la durée, les durées différentes qu’il peut y avoir dans un même lieu. C’est un peu comme un travail de décomposition, où le temps lui-même fait partie du film et est une matière. […] Je ne cherche pas tant l’effet suspension que le fait que ça ouvre à d’autres temporalités. On entre dans un autre temps. On s’échappe dans un autre temps. »
Le réalisateur, pour qui « le montage est plus un travail d’ordre musical que de l’ordre d’un discours », explique sa conception du cinéma : « il y a aussi cette idée de créer ces fissures, ces ouvertures dans l’image, dans la durée du temps, dans l’espace et de jouer sur les raccords, qui peuvent être aussi des raccords très abrupts, par exemple au niveau sonore où tout d’un coup tu es plongé dans le silence. »
Les silences, dans ses documentaires, existent par le biais de la bande-son qui joue une rupture, un fondu enchaîné entre les bruits présents dans les lieux filmés et la musique. Ils s’imposent aussi par les noirs qui surgissent subitement à l’écran et arrêtent le défilement des images. Dans ces noirs, le hors champ existe totalement, les bruits prennent toute la place. L’écoute s’intensifie.
Cet entretien a été enregistré au Centre Pompidou le 5 décembre 2025, dans le cadre d’un partenariat avec l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Interview préparée et menée par : Elsa Courtellemont et Maxime Dahlem, étudiant·es de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Réalisation : Anne Bléger.
Direction artistique et technique : Jérémy Knittel.
Image et son : Jérémy Knittel et Claire Lelièvre.
Extraits des films de Giovanni Cioni :
La Rumeur du monde, 1996 © Giovanni Cioni.
Prima di Napoli, 2009 © Giovanni Cioni.
Gli Intripidi, 2012 © Giovanni Cioni / Quarto Film (Milano) con RAI3 Fuoriorario, Rai Cinema e Toscana Film Commission.
Pour Ulysse, 2013 © Giovanni Cioni / Zeugma Films / Teatri Uniti.
Dal Ritorno, 2015 © Giovanni Cioni / Zeugma Films.
Viaggio a Montevideo, 2017 © Giovanni Cioni / Laboratorio Oltreconfine.
Cinco Soles, 2020 © Giovanni Cioni.
De la planète des humains, 2021 © Giovanni Cioni / GraffitiDoc / Iota Production / Tag Film / Rai Cinema.
En vie et où ça #1 Lisboa-Gennaio, 2021 © Giovanni Cioni.
Crédits musiques :
Juan Carlos Tolosa (Dal Ritorno ; De la planète des humains)
David Nunez et Juan Carlos Tolosa (En vie et où ça #1 Lisboa-Gennaio)
La Bpi remercie chaleureusement le réalisateur Giovanni Cioni, les productions Iota production / Qwazi Qwazi Film / Dito’Dito / Zeugma Films / Teatri Uniti / Qwazi Qwazi Film / Quarto Film (Milano) con RAI3 Fuoriorario, Rai Cinema e Toscana Film Commission. Merci également à Arnaud Hée, chargé de programmation de la Cinémathèque du documentaire par la Bpi. Merci au Centre Pompidou. Merci enfin à Elsa Courtellemont et Maxime Dahlem, étudiant·es de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à leurs professeur·es Sarah Leperchey, Camille Bui et José Moure.
Publié le 06/07/2026 - CC BY-SA 4.0
Le Master Cinéma et audiovisuel de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Le Master Cinéma et audiovisuel de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne propose une formation en études cinématographiques qui se définit par une triple orientation : pratique, théorique (esthétique, théorie du cinéma, analyse de la création cinématographique) et professionnelle (métiers du cinéma et de l’audiovisuel).
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