Glossaire

Appartient au dossier : L’Inde au fil de la musique

Les instruments de la musique hindoustanie

La musique indienne se caractérise aussi par de nombreux instruments particuliers. Nous vous en proposons une présentation illustrée d’extraits sonores.

le sitar

sitar
Sitar3, par Sathyadeep. Public domain via Wikimedia Commons

Le sitar est un luth à cordes pincées à long manche fretté et composé d’une caisse de résonnance taillée dans une courge ; il est muni de cordes mélodiques et de cordes sympathiques.
Cet instrument s’est développé au cours du 18e siècle en Inde du Nord. C’est en partie grâce aux Beatles, plus précisément grâce à Georges Harrison qui apprit à jouer avec Ravi Shankar, que le monde a découvert  le timbre du sitar. Cet instrument est devenu un des symboles de la musique indienne.
D’autres grands sitaristes ont marqué le 20e siècle tels que Vilayat Khan (1928-2004) et Nikhil Banerjee (1931-1986). Leurs descendants et leurs disciples pérennisent leur savoir-faire à l’image d’Ustad Shujaat Husain Khan dont les enregistrements font partie des collections de la Bpi.

Quelques disques de sitar :

  • Ravi Shankar, Raga Puriya-Kalyan / Ravi Shankar 781(540) SHAN
    > Écouter la sitar dans un extrait de cet album
  • Ravi Shankar : the Master
  • Full Circle : Carnegie Hall / Ravi Shankar, 2000. 781(540) SHAN
  • Le sitar de Nikhil Banerjee, 1989. 781(540) BAN
  • Anthology : vol.1 : evolution of a maestro / Ustad Vilayat Khan, sitar. – Khan, Vilayat 1928-2004 [*2 doc.] – 2008
  • Inde du Nord : Pandit Balaram Pathak. 781(540) PAT
  • Raga Bilaskhani Todi, Raga sohini / Kushal Das, 2000. 781(540) KUS
  • Inde du Nord : raga marwa / Kushal Das, surbahar ; Biplab Bhattacharyya, tabla ; Sudipta Rémy, tampura. – Das, Kushal 1959-…. [*2 doc.] – 2004
  • Gayaki ang / Ustad Shujaat Husain Khan, 2006. 781(540) KHAN.S
  • Dil / Ustad Shujaat Husain Khan, sitar ; Federico Sanesi, tabla. – Khan, Shujaat Husain 1960-…. [*2 doc.] – 2011
  • Gayaki ang / Ustad Shujaat Husain Khan, sitar ; Pandit Sankha Chatterjee, tabla. – Khan, Shujaat Husain 1960-…. [*2 doc.] – 2006

le surbahar

surbahar
Sur2, par Sathyadeep. Public domain via Wikimedia Commons

Le surbahar est un sitar basse de taille plus grande et avec un manche plus large qu’un sitar.

Quelques disques de surbahar :

  • Raga Darbari, raga Chandra Kanhra/ Imrat Khan. 781(540) KHA
    Ecouter le surbahar dans un extrait de cet album
  • Raga Marwa / Kushal Das, 2004.781(540) DAS

Le sarod

sarod
Par J-P Dalbéra, France [CC-BY-2.0 ] via Wikimedia Commons

Le sarod appartient à la famille des luths à manche court auquel est fixée une touche lisse en métal, caractéristique de l’instrument. Le développement de cet instrument qui est lié à l’histoire du rabab afghan remonte au 19e siècle.

Ali Akbar Khan (1922-2009) est le musicien qui a apporté une reconnaissance mondiale au sarod. Aujourd’hui, Amjad Ali Khan, héritier d’une longue tradition familiale, de par son père Hafiz Ali Khan [1888-1972], est  l’un des joueurs les plus populaires. 

Disques de sarod :

  • Sarod : Inde du Nord / Amjad Ali Khan, 1993. 781(540) KHAN.A
    Écouter le sarod dans un extrait de cet album
  • Golden strings of the sarode / Aashish Khan, Zakir Hussain

La sarangi 

sarangi
The Children’s Museum of Indianapolis [CC-BY-SA-3.0 ], via Wikimedia Commons

La sarangi est une vièle à archet et à manche court qui accompagne généralement le chant. Cet instrument, largement utilisé par les bardes itinérants dans la musique dite « folk » (la musique régionale) du nord de l’Inde est devenu un instrument soliste de la musique hindoustanie entre autre grâce à la virtuosité de Bundu Khan (1880-1955) et de Ram Narayan (né en 1927).   Aruna Narayan, la fille de ce dernier, compte parmi les seules femmes jouant de cet instrument à un niveau professionnel. 

Disques de sarangi :

  • Raga Lalit / Ram Narayan, 1989. 781(540) NARA
    Écouter la sarangi dans un extrait de cet album
  • Rag Purya-Kalyan ; Rag Purya-Kalyan / Pandit Ram Narayan, sarangi ; Suresh Talwalkar, tabla. – 1989
  • Raga Bairagi Bhairav, Rag Shuddh Sarang / Aruna Narayan, 1995. 781(540) NARA.A

La rudra-vina

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© 1996-2014 by the National Music Museum. Aucune utilisation commerciale autorisée

La rudra-vina est une cithare sur tube avec deux résonateurs en calebasse. Cet instrument qui accompagnait au départ le chant est en déclin depuis le 19e siècle. De nos jours, très peu de joueurs de bin, autre nom de la rudra-vina, subsistent. Parmi les grands interprètes de cet instrument, on peut citer Ustad Zia Mohiuddin Dagar [1929-1990] et et son fils Bahauddin Dagar (né en 1970), ainsi qu’Ustad Asad Ali Khan [1937- 2011]. Pour plus d’informations sur l’histoire et la facture de cet instrument, consulter le site www.rudravina.com (en français).

Quelques disques de rudra-vina :

  • Grands maîtres de la rudra-veena / Ustad Zia Mohiuddin Dagar. 781(540) DAGA M
    Écouter la ruda-vina dans un extrait de cet album
  • Raga Jaijaivanti / Asad Ali Khan, 1999. 781(540) KHAN.D

Autre type de cithare :

  • Inde du Nord : dhrupad et khayal / Gopal Krishnan, vichitra vîna ; Anindo Chatterjee, tabla ; Murli Krishnan-Sharma, tampura. – Krishan, Gopal [*1 doc.] – 2009

Le bansuri

bansuri
Bansuri bamboo flute 23inch, par Betelgeuse [CC BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons

Le terme bansuri désigne les flûtes en bambou qui peuvent être de tailles variées. Cet instrument ancien associé dans les représentations iconographiques au dieu Krishna a percé sur la scène classique au cours du 20e siècle grâce à Pandit Pannalal Ghosh [1911-1960]. Pandit Hariprasad Chaurasia est celui qui a fait connaître le son envoûtant de la flûte bansuri sur les scènes internationales.

Disques de Bansuri :

  • Hariprasad Chaurasia et l’art de l’improvisation de l’Inde du Nord, 2010 (+1 livre). 781(540) CHA
    Écouter le bansuri dans un extrait de cet album
  • Inde du Nord / Paras Nath. 781(540) NAT

Le shehnai

shehnai
Shehnai, par Badagnani [CC-BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons 

La shehnai est un hautbois considéré comme un instrument de bon augure, traditionnellement joué dans les temples et mariage. Cet instrument est entré sur la scène classique grâce à Bismillah Khan [1916-2006], un joueur de shehnai hors pair.

Disque de shehnai :

  • Le shehnai d’Ustad Bismillah Khan, 1987. 781(540) KHAN
    Écouter le shehnai dans un extrait de cet album

Le santur, le violin et la guitare slide

Santur
Santur1, par allauddin [CC-BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons 

Parmi les autres instruments mélodiques communs de la musique hindoustanie, il faut citer le violon joué par V.G. Jog [1922-2004] puis N. Rajam mais aussi le santur (prononcé “santour”). Le santur, de la famille des cithares sur table et muni de plus de 70 cordes, se joue avec deux maillets. C’est un instrument à cordes pincées, utilisé initialement dans la musique folk du Cachemire (Nord de l’Inde). C’est le musicien Shiv Kumar Sharma qui a mis le santur à l’honneur sur la scène internationale. Plus récemment, la guitare slide est également utilisée comme instrument soliste.    


Le tabla

tabla
Tabla – Kolkata 2004 par Biswarup Ganguly [CC BY 3.0] via Wikimedia Commons – 

Pour l’accompagnement rythmique, l’instrument le plus commun est le tabla.Tabla désigne une paire de tambours qui s’est développée au milieu du 18e siècle. Cet instrument a gagné en popularité en l’espace de quelques décennies et a intégré de nombreuses formations jazz, rock et électronique à travers le monde. Plusieurs musiciens ont contribué à populariser les tablas en dehors de l’Inde et à rehausser le statut de cet instrument accompagnateur. Parmi ceux-ci, citons Alla Rakha [1919-2000] qui accompagnait Ravi Shankar dans ses tournées internationales et son fils Zakir Hussain.

Disque de tabla :


La tampura

tampura
Tampuri ,par Allauddin[CC-BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons 

Le tampura est un luth à long manche sans frette qui a fonction de bourdon. Son rôle est très important car c’est lui qui donne les notes de références d’un raga.  Le tampura est ainsi accordé sur le premier et le cinquième degré (parfois le septième ou un autre degré) de l’échelle du raga interprété. Il est souvent remplacé ou doublé par un tampura électronique. Cet instrument qui accompagne chaque performance de musique classique indienne ne nécessite pas d’apprentissage particulier : à ce titre, il est souvent joué par les disciples du musicien.


L’harmonium

harmonium
Par *Amanda Richards [CC BY-NC-ND 2.0] via Flickr

L’harmonium est un petit orgue portatif. De nos jours, l’accompagnement mélodique du chanteur se fait essentiellement avec cet instrument au détriment de l’instrument traditionnel qu’est la sarangi, une vièle à archet à la riche sonorité. L’harmonium est arrivé dans le sous-continent indien par l’intermédiaire des missionnaires européens et s’est généralisé au cours des 19 et 20e siècles dans la musique classique comme dans de nombreux genres de la musique régionale. Au cours du concert, le joueur d’harmonium reprend les phrases mélodiques principales développées par le chanteur.

Publié le 30/01/2012 - CC BY-SA 4.0

Sélection de références

Des pieds et des mains

Des pieds et des mains

Gunnell, Louise
Kalavistar [prod.], 2002

Ce documentaire nous plonge dans le monde de la lutherie, la facture de tampura et de sitar plus exactement. De la culture de courges, on suit au coeœur de l’atelier toutes les étapes et les gestes des artisans luthiers qui mènent à la fabrication d’un instrument.
Dans l’atelier, grand ouvert sur la rue, chacun s’affaire sans hâte à son ouvrage. Les gestes sont précis et sûrs : les outils sont simples. Le corps tout entier participe à chaque opération. Enfin, l’œil jauge et l’oreille apprécie. Le luthier recherche la richesse des spectres sonores : le sitariste en construit un univers musical.

A la Bpi, niveau 3, 785.2 GUN

Gloire des princes, louanges des dieux : patrimoine musical de l'Hindoustan du XIVe au XXe siècle : [exposition], 19 mars-29 juin 2003, Musée de la musique, Paris...; Exposition. Paris, Musée de la musique- 2003

Musée de la musique Paris
Réunion des musées nationaux, Cité de la musique, 2003

Ce livre est en fait le catalogue de l’exposition qui s’est tenue en 2003 au musée de la Cité de la Musique à Paris sur les instruments de musiques de l’Inde du Nord. Cette exposition qui a regroupé des exemplaires rares d’instruments et de miniatures a montré la richesse musicale de l’Inde du Nord et les évolutions qui se sont tenues entre le XIVe et le XXe siècle. Gloire des Princes, louanges des dieux regroupe des articles rédigés par des spécialistes de l’histoire de la musique hindoustanie et donne de nombreuses informations sur la vie musicale passée à la cour des princes, de l’époque du Sultanat de Delhi jusqu’à l’Indépendance en passant par le riche patronage des empereurs moghols.

Inde du nord : Sangeet Trio en concert

Inde du nord : Sangeet Trio en concert

Bhatt, Vishwa Mohan ; Bhattacharya, Tarun ; Mojumdar, Renu ; Sangeet trio
Ocora Radio France, 1996

Enregistrements réalisés le 16 décembre 1995 au théâtre de la Ville (Paris)

Les Instruments de musique de l'Inde ancienne

Marcel-Dubois, Claudie
P.U.F., 1941

The Sitar Manual for the Western Musician

Alford, Clem
, 1973

Méthode de sitar

Zakir and his friends

Zakir and his friends

Zakir Hussain, participant ; Leonhardt, Lutz
Les Films du Paradoxe [éd., distrib., 2005

Zakir Hussain a étudié le tabla avec le grand maître Alla Rakha (accompagnateur de Ravi Shankar). A San Francisco, ville où il a émigré dans les années 70, il a découvert la musique occidentale et notamment le rock. Il s’est lié d’amitié avec le batteur du Grateful Dead, Mickey Hart et a fondé avec lui, en 1974, Diga Rhythm Band, orchestre précurseur de la fusion. Les années 80 sont celles de sa rencontre avec le guitariste de jazz John McLaughlin dans le groupe Shakti. Parallèlement à cette carrière dans les sphères jazz, world, rock et expérimentales, Zakir Hussain a produit nombre d’albums de musique traditionnelle et a composé des musiques de film. Dans ce documentaire, le musicien nous promène aux quatre coins de la planète, à la rencontre de ses amis percussionnistes : les frères Koulibaly, le groupe japonais Kodo, le steel band Amoco Renegades…

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